Covid-19: le dépistage de masse est-il la solution pour le déconfinement? – BFMTV

Spread the love

Des voix s’élèvent pour que cette stratégie soit mise en place en vue du déconfinement de la population.

Ce deuxième déconfinement passera-t-il par une généralisation des dépistages du coronavirus? C’est le choix qui a par exemple été fait en Slovaquie, où le gouvernement a décidé fin octobre de tester les 5,4 millions d’habitants du pays d’Europe centrale. Une première. En Angleterre, Liverpool a également lancé un programme de dépistage massif le 6 novembre, alors que la ville britannique de quelque 500.000 habitants est durement touchée par la deuxième vague.

En France, des voix s’élèvent pour réclamer la mise en oeuvre d’une telle politique de tests. Une stratégie notamment défendue par les universitaires Philippe Amouyel, Luc Dauchet et Emmanuel Hirsch qui, dans une tribune parue dans le Journal du dimanche, intitulée “Un déconfinement durable, solidaire et citoyen pour un Noël et un avenir sereins”, ont appelé à anticiper dès à présent le déconfinement, notamment en organisant une telle campagne de dépistage.

Lundi, le président Les Républicains (LR) de la région Auvergne- Rhône-Alpes a annoncé la mise en oeuvre d’une campagne de tests gratuits massive serait proposée aux huit millions d’habitants de la région avant les vacances de Noël. Un “effet d’annonce”, a tancé Olivier Véran mardi sur BFMTV-RMC, affirmant que “le directeur de l’Agence régionale de santé n’a(vait) pas été informé, ni le préfet”.

Repérer les personnes asymptomatiques

“Ce qui est important aujourd’hui, c’est de bien préparer le déconfinement, éviter une troisième vague et en fait, attendre l’arrivée des vaccins en ayant une vie sociale, économique la plus normale possible, et c’est très, très important pour cela qu’on parte au moment du déconfinement avec un nombre très faible voire nul de personnes qui sont porteuses du virus sans le savoir et qui risquent de le transmettre à d’autres”, défendait sur notre antenne le Pr Philippe Froguel, généticien au CHU de Lille et professeur à l’Imperial College de Londres, qui soutient une proposition pour que tous les habitants de Lille et Roubaix soient testés.

“Nous proposons qu’on utilise des tests salivaires qui sont beaucoup plus acceptables par toute la population, faciles à faire, même en envoyant des tests à domicile aux personnes, des autotests, et des poolings de plusieurs personnes à la fois pour que, justement, ça se fasse très rapidement et avec une très grande efficacité”, a ajouté le médecin.

Toutefois, précise-t-il, “la Haute autorité de santé n’a pas autorisé les tests salivaires pour les personnes dites asymptomatiques et on commence à discuter avec eux”, revendiquant pour cela le soutien d’Olivier Véran.

Tester, mais sans oublier de tracer et d’isoler

Contacté par BFMTV.com, le président du Syndicat des Biologistes, François Blanchecotte, estime qu’une stratégie de dépistage massif à l’échelle de la France est techniquement faisable. Mais pour lui, elle ne serait rendue efficace “en attendant le relais de la vaccination” qu’en mettant en oeuvre d’autres mesures:

“Il faut rester isolé, ce n’est pas le tout d’être testé positif”, estime le biologiste qui juge que “si on fait dans la demi-mesure, la mayonnaise ne prendra pas” et “la troisième vague (serait) devant nous”.

Par ailleurs, il défend à cet égard une stratégie à l’échelle du pays. “Si on n’a pas une cohérence nationale, on n’y arrivera pas”, balaye François Blanchecotte.

Sur BFMTV-RMC mardi, Olivier Véran a ouvert la porte à une stratégie de “mass testing” à l’échelle de la population. “Pourquoi pas? On y travaille d’ailleurs avec un certain nombre d’acteurs de santé pour voir la faisabilité d’un tel projet”, a indiqué le ministre des Solidarités et de la Santé.

Mais “ce qui est important, ce n’est pas de tester les gens, c’est d’être sûr qu’une fois qu’on les a testés, on est capable de les mettre à l’abri pour éviter les contaminations et faire du contact tracing“, a poursuivi Olivier Véran. Une stratégie qui n’est pas sans rappeler, dans une ampleur moindre, celle du “tester, tracer, isoler”, prônée au sortir du premier confinement, au printemps dernier.

Clarisse Martin Journaliste BFMTV

Leave a Reply