L’opération « Barkhane », victime collatérale de la crise entre Paris et Alger – Le Monde

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L’Algérie a interdit, dimanche 3 octobre, le survol de son espace aérien aux avions militaires français devant transiter au-dessus de son territoire. Une décision qui concerne au premier chef les avions de l’opération « Barkhane » et les quelque 5 000 militaires français déployés au Sahel.

Selon l’état-major des armées, seuls deux vols logistiques ont été concernés jusqu’à présent. L’un au départ de la base d’Istres, en France, d’où décollent traditionnellement les vols de ce type, et l’autre en provenance de N’Djamena, la capitale tchadienne, où se situe le poste de commandement principal de l’opération « Barkhane » depuis huit ans. Les Français auraient découvert le veto algérien en fin de matinée, dimanche, en déposant leurs plans de vol.

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A ce stade, la position de Paris consiste plutôt à relativiser l’impact de cette interdiction. « Cela n’a pas de conséquences sur les opérations », a ainsi assuré le porte-parole de l’état-major des armées, le colonel Pascal Ianni, dimanche. Les avions de chasse ou les drones qui opèrent au Sahel décollent essentiellement à partir de Niamey, au Niger, et n’ont pas besoin de survoler le territoire algérien. Les opérations sont actuellement concentrées dans la zone des « trois frontières » entre le Mali, le Niger et le Burkina Faso.

Phase sensible

La gêne potentielle concerne plus le ravitaillement des hommes de « Barkhane » ou les forces spéciales qui travaillent en cheville avec eux, notamment à partir de Ouagadougou, la capitale du Burkina Faso. Mais, à l’état-major des armées, on ne semble pas parier sur une crise longue avec Alger : adapter les plans de vol, « ce sont des choses que l’on a déjà faites (…) il y a des solutions ».

Alors que certaines sources font état de la volonté de l’Algérie de suspendre également le ravitaillement en carburant des forces françaises dans le nord du Mali, où les derniers effectifs et matériels sont en train d’être retirés dans le cadre du réaménagement de « Barkhane », à l’état-major des armées on temporise aussi. « Ces ravitaillements n’avaient plus lieu depuis décembre 2020 et rien n’était planifié dans les prochains mois », précise-t-on au Monde.

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La décision d’Alger intervient néanmoins dans une phase sensible pour Paris. Depuis plusieurs semaines, le départ définitif des forces françaises de ses bases de Tessalit, Kidal et Tombouctou – prévu pour début 2022 afin de resserrer ses effectifs plus au sud vers Gao et le Niger – demeure officiellement suspendu à des « discussions » avec les Forces armées maliennes (FAMa) et la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali (Minusma).

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