Les éditeurs de presse doivent-ils se réjouir de l’arrivée prochaine de Facebook News en France ?

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Les éditeurs de presse doivent-ils se réjouir de l'arrivée prochaine de Facebook News en France ?

Facebook annonce le déploiement dans plusieurs pays, dont la France, de sa section dédiée à l’actualité, Facebook News. Campbell Brown, VP Global News Partnerships chez Facebook, a annoncé le 25 août dernier la nouvelle qui a de quoi réjouir les médias, sur le papier. « Nous avons l’intention de lancer Facebook News dans plusieurs pays, au cours des six prochains mois à un an, et nous envisageons de le faire au Royaume-Uni, en Allemagne, en France, en Inde et au Brésil. Dans chaque pays, nous paierons les éditeurs de presse pour garantir que leur contenu est disponible dans le nouveau produit », a-t-il déclaré dans un billet de blog.

Inauguré aux Etats-Unis il y a tout juste un an, cette section marque « un nouveau chapitre dans nos relations avec l’industrie de l’information », écrit Campbell Brown. Elle sera en effet scruté de près par les éditeurs, soucieux de garder la maîtrise sur la visibilité de leurs contenus sur les plateformes qu’ils utilisent pour générer du trafic vers leurs sites et attirer de nouveaux publics.

Cet onglet est visible dans l’application Facebook, et comportera notamment des sections thématiques et une sélection de contenus à la Une. « Construit à partir des retours d’expérience des éditeurs et des commentaires des utilisateurs, c’est une section personnalisée pour les actualités sur Facebook », explique le responsable.

Les premiers résultats sont déjà encourageants, évoque Campbell Brown, qui précise que plus de 95 % du trafic généré grâce à Facebook News vient s’ajouter à l’audience déjà enregistrée par les éditeurs sur le feed classique.

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Sujet brûlant de la rémunération des contenus

Difficile, pourtant, de fermer les yeux sur la bataille des contenus qui secoue le monde de la presse et les grandes plateformes, sans parler des accusations récurrentes faites au réseau social populaire d’être la cause de la propagation de fake news.

En écho aux pourparlers entre Google et les éditeurs de presse en France, qui tentent de faire valoir le droit à la rémunération pour le partage de leurs contenus, en application de la directive européenne sur le droit d’auteur, les médias australiens mènent en ce moment une guerre contre Facebook, exigeant du réseau social qu’il les rémunère à leur juste valeur pour partager leurs articles sur son fil d’actualité.

En réaction au débat qui monte en Australie sur la rémunération des contenus, Facebook a menacé lundi les éditeurs de ne plus diffuser les articles de presse si le projet de loi venait à être appliqué. Facebook a déclaré qu’il partageait l’objectif de soutenir les organisations de presse en difficulté, mais a souligné que la solution proposée par l’autorité de régulation australienne était contre-productive. « Le plus étonnant, c’est que cela obligerait Facebook à payer les organisations de presse pour le contenu que les éditeurs placent volontairement sur nos plateformes et à un prix qui est sans rapport avec la valeur financière que nous apportons aux éditeurs », s’est emporté le réseau social.

Google a partagé un point de vue similaire, le mois dernier, en déclarant que le nouveau code australien aggraverait considérablement l’expérience des internautes sur le moteur de recherche et la plateforme YouTube, donnant aux éditeurs de presse la liberté de « jouer » avec le système. Qualifiant le projet de loi « d’extrêmement unilatéral et injuste », Google considère que ses dispositions sont difficiles à respecter si le groupe souhaitait fournir un service utile.

Si Google ou Facebook ne respecte pas les dispositions, la loi impose des amendes allant jusqu’à 10 % du chiffre d’affaires.

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