La France veut récupérer rapidement l’imam Hassan Iquioussen après son arrestation en Belgique – Le Monde

Hassan Iquioussen, à la mosquée d’Escaudain (Nord), en 2004.

C’est une information de la police judiciaire de Lille, en collaboration avec la brigade nationale des fugitifs, qui a, apparemment, aidé la police belge à débusquer l’imam marocain Hassan Iquioussen : il a été arrêté, « sans incident » selon une source française, vendredi 30 septembre, près de Mons, dans le Hainaut belge. Une information rapidement confirmée par le ministre fédéral de la justice, Vincent Van Quickenborne.

Introuvable en France depuis le mardi 30 août, le prédicateur marocain âgé de 58 ans, dont le ministre de l’intérieur Gérald Darmanin avait annoncé l’expulsion à la fin juillet, aurait alors rapidement franchi la frontière, selon ce que déclarait à l’époque le préfet de la région des Hauts-de-France, Georges-François Leclerc. L’imam faisait, depuis le feu vert du Conseil d’Etat à son expulsion et un mandat d’arrêt européen délivré par un juge d’instruction de Valenciennes (Nord) pour « soustraction à l’exécution d’une décision d’éloignement », l’objet de recherches en Belgique.

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Son éventuelle installation dans le pays était évoquée depuis le début du mois d’août et avait suscité l’inquiétude de certains responsables politiques craignant qu’une fois encore, la Belgique apparaisse comme « un repaire de l’islamisme en Europe », selon la formule de Georges-Louis Bouchez, président du Mouvement réformateur (droite libérale). Le gouvernement disait, en tout cas, suivre l’affaire de près.

L’arrêté d’expulsion français visant M. Iquioussen lui reprochait « un discours prosélyte émaillé de propos incitant à la haine et à la discrimination et porteur d’une vision de l’islam contraire aux valeurs de la République ». Son avocate, Me Lucie Simon, contestait la validité du mandat d’arrêt le visant, estimant qu’il se fondait sur une infraction non constituée.

Hassan Iquioussen n’a pas de titre de séjour en Belgique

Selon le ministère français de l’intérieur, il revient désormais à la justice belge de « remettre l’intéressé aux autorités françaises en exécution du mandat d’arrêt européen ». La Place Beauvau table visiblement sur l’automaticité du mandat d’arrêt européen, conçu pour éviter la lenteur d’une procédure d’extradition « classique ».

Un juge belge devra cependant vérifier si l’incrimination retenue par Paris, à savoir « la soustraction à une mesure d’expulsion », punissable de trois ans d’emprisonnement en France, permet cette automaticité. Et si elle constitue, ou non, une infraction au regard du droit belge, quelles que soient les raisons invoquées par Paris. Le magistrat devra en fait estimer si les faits reprochés au prédicateur par les autorités françaises constituent, ou non, « des faits punissables graves », qu’il pourrait également commettre en Belgique. M. Iquioussen sera autorisé à s’exprimer lors cette procédure et son avocate contestera très certainement le mandat d’arrêt européen.

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