Haute-Saône. Affaire Alexia Daval : pour sa famille, le crime de Jonathann “était orchestré” – Est Républicain

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À la lumière des expertises diligentées sur la question, juge d’instruction, enquêteurs et procureurs de Besançon comme de Vesoul sont tous sur la même ligne : rien dans le dossier d’instruction ne permet d’établir que Jonathann Daval était animé, de longue date, d’intentions malveillantes à l’égard de son épouse.

Un désir de grossesse incompatible avec ces médicaments

C’est pourtant l’intime conviction de la famille d’Alexia. À l’origine de leurs suspicions, un fait objectif : les traces retrouvées dans son sang et ses cheveux de trois médicaments suspects, le zolpidem (hypnotique utilisé comme somnifère), le tétrazépam (décontractant musculaire), interdit à la vente depuis 2013, et le tramadol (puissant antalgique).

La famille Fouillot le dit et le répète aux médias, pour elle, c’est la preuve que Jonathann droguait Alexia à son insu. Les proches de la victime font le rapprochement avec de curieux “black-out” dont souffrait Alexia, et défendent la théorie d’une « soumission chimique » : Jonathann aurait sciemment empoisonné son épouse, notamment pour qu’elle ne tombe pas enceinte, ces molécules étant contre-indiquées en cas de grossesse. Alexia souhaitait de tout cœur avoir un bébé, rappellent les siens.

« J’ai mon intime conviction sur la préméditation »

Le beau-frère de Jonathann un temps accusé du pire, Grégory Gay, a étudié les analyses toxicologiques, épluché différentes expertises, élaboré des tableaux chronologiques, des graphiques… Tout accable Jonathann Daval, assure-t-il. « J’ai mon intime conviction sur la préméditation. J’ai suffisamment bossé sur le dossier pour être convaincu de mon idée », prévient-il.

Son avis est partagé par Isabelle Fouillot, la mère d’Alexia, qui ne croît pas au scénario détaillé par son gendre lors de la reconstitution des faits, en juin 2019 : « La vérité est ailleurs. Les médicaments montrent que ça n’est pas un coup de folie, ni un pétage de plombs, ni une dispute. Si c’est vraiment un accident, on prend le téléphone et on appelle les secours. Tout est orchestré. »

Le sujet s’invitera au procès

Jonathann Daval n’est pas poursuivi pour assassinat, chef d’accusation qui induirait cette notion préméditation, mais les suspicions des parties civiles seront forcément abordées au cours du procès, et donc sous-pesées par le jury. « On n’en fera pas l’économie », confirme Grégory Gay.

Juridiquement, assassinat et meurtre sur conjoint font encourir la même peine maximale à l’accusé. La réclusion criminelle à perpétuité.

Photo ER

« Des questions qui n’ont pas lieu d’être » selon la défense

Pour les avocats de Jonathann Daval, l’hypothèse d’une éventuelle préméditation est hors-sujet. « Cet aspect a été totalement évacué par l’instruction », coupe Me Schwerdorffer. « Je trouve que c’est dommage de revenir là-dessus. Au travers de ces questions posées par la partie-civile, qui n’ont pas lieu, on va s’écarter du sujet. Alors qu’aujourd’hui, Jonathann pourrait être prêt à s’expliquer sur son acte, sur les raisons qui l’ont poussé a donner la mort à Alexia ce soir-là », abonde Me Spatafora.

Ecoutez notre série de podcasts en cinq épisodes consacrée à l’affaire Daval.

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