Après l’incendie de l’usine Lubrizol à Rouen, les recommandations sanitaires se multiplient – Le Monde

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Par mesure de précaution, la préfecture de Seine-Maritime a publié un arrêté restreignant les ventes des exploitations agricoles de 112 communes du département

Le Monde avec AFP Publié aujourd’hui à 17h26

Temps de Lecture 3 min.

Un habitant du Petit-Quevilly, le 26 septembre face au panche de fumée provoqué par l’incendie de l’usine Lubrizol.

Quatre jours après l’incendie de l’usine chimique Lubrizol de Rouen, survenu dans la nuit de mercredi à jeudi 26 septembre, l’urgence est toujours à déterminer l’ampleur et la gravité de la pollution générée par l’accident, et notamment par les suies provoquées par le gigantesque panache de fumée. Par mesure de précaution, la préfecture de Seine-Maritime a publié un arrêté restreignant les ventes des exploitations agricoles de 112 communes du département.

Sont concernées par cette interdiction, les productions :

  • de fruits et légumes qui n’avaient pas été récoltés avant le 26 septembre,
  • de fruits et légumes récoltés avant le 26 septembre et susceptibles d’avoir été exposées à la contamination,
  • de lait collecté issu d’élevages dont les vaches étaient au pâturage depuis le 26 septembre,
  • des œufs des élevages de plein air pondus depuis le 26 septembre,
  • du miel collecté depuis le 26 septembre
  • des poissons d’élevage produits dans la zone concernée

La situation sera réévaluée au vu des résultats d’analyse obtenus, précise la préfecture. Concernant les potagers et jardins familiaux, « il est recommandé de ne pas consommer tout produit souillé. S’agissant d’une pollution visible, les produits non souillés peuvent être normalement consommés après avoir été soigneusement lavés comme à l’ordinaire. »

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Les habitants sont en outre invités à nettoyer leurs habitations « uniquement à l’eau en portant des gants de ménage, sans utiliser de nettoyeur haute pression pouvant mettre en suspension les particules ». En cas de contact accidentel avec les suies, les autorités préconisent de se laver immédiatement avec du savon ordinaire et « si besoin se rincer les yeux avec du sérum physiologique. »

En revanche, la préfecture de Seine-Maritime rappelle que l’eau du robinet, qui ne provient pas de captages en Seine, peut être consommée sans risque pour la santé en Seine-Maritime, y compris dans les secteurs qui ont été directement concernés par le panache de fumées. L’eau de pluie recueillie depuis jeudi ne doit cependant pas être utilisée.

Des suies jusqu’à Lille

Le département de Seine-Maritime n’est pas le seul concerné par ces mesures de précaution. Les services de l’Etat dans les Hauts-de-France « font procéder actuellement » à un recensement des territoires « susceptibles » d’avoir été touchés par des suies, a annoncé l’Autorité régionale de santé dimanche 29 septembre. Des dépôts noirâtres ont ainsi été signalés à Lille, dans l’Aisne, ainsi que dans l’Oise.

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Dans son communiqué, l’Agence demande aux habitants qui constateraient « la présence de retombées sous forme de suie » « de bien vouloir le signaler aux services de gendarmerie ou de police ou aux services départementaux d’incendie et de secours ». Elle émet en outre les mêmes recommandations que la préfecture de Seine-Maritime concernant les fruits et légumes et l’hygiène corporelle.

L’ARS et la préfecture de la zone de défense et sécurité Nord assurent par ailleurs que « les captages d’eaux de surface destinés à la consommation humaine ont fait l’objet d’une surveillance renforcée », qu’« aucun risque n’est constaté pour l’eau du robinet » et que « les mesures de qualité de l’air réalisées depuis l’incendie ont fait apparaître une qualité de l’air habituelle ».

« Le sérieux et la transparence complète et totale »

Jeudi, quelques heures après l’incendie du site industriel, classé Seveso seuil haut et produisant des additifs d’huile, une enquête judiciaire avait été ouverte du chef « de destructions involontaires par l’effet d’une explosion ou d’un incendie ». Le parquet l’a élargie samedi au chef de mise en danger d’autrui. L’usine appartient au groupe de chimie américain Lubrizol Corporation, lui-même propriété de Berkshire Hathaway, holding du milliardaire et célèbre investisseur américain Warren Buffett.

En déplacement dans le Morbihan à l’université du MoDem, Edouard Philippe a assuré dimanche que « pour faire face à l’inquiétude légitime des populations, il n’y a qu’une solution : le sérieux et la transparence complète et totale ». « Nous avons souhaité faire en sorte que tout ce qui est su, que toutes les analyses qui sont réalisées soient rendues publiques », a fait valoir Édouard Philippe, lui-même originaire de Normandie.

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