Procès du Mediator : trois ans de prison ferme requis contre l’ex-numéro 2 du groupe Servier – Le Monde

Spread the love
Au procès du Mediator, le 23 septembre 2019, à Paris.

Le parquet a requis, mardi 23 juin, des amendes d’un montant total de 8,2 millions d’euros à l’encontre du groupe Servier et une peine de trois ans de prison ferme contre son ex-numéro 2, jugés à Paris dans l’affaire du scandale sanitaire du Mediator.

Contre l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM, ex-Afssaps), poursuivie pour avoir tardé à suspendre la commercialisation du médicament en dépit d’alertes répétées sur sa dangerosité, l’accusation a demandé une peine de 200 000 euros d’amende.

Lundi, les avocats des plus de 6 500 personnes qui se sont constituées parties civiles ont réclamé au total 1 milliard d’euros d’indemnisations.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi Reprise du procès du Mediator interrompu par la crise sanitaire du coronavirus

Une centaine de caisses d’assurance-maladie, qui ont pris en charge le remboursement du Mediator, ont demandé, quant à elles, plus de 450 millions euros de dommages et intérêts pour réparer « l’escroquerie » des laboratoires Servier.

Consommé par 5 millions de personnes

Mis sur le marché en 1976 comme adjuvant au traitement du diabète et largement détourné comme coupe-faim, le Mediator a été consommé par environ cinq millions de personnes. Il est tenu pour responsable de centaines de décès. Il n’a été retiré du marché qu’en novembre 2009, alors que de premières alertes sur sa dangerosité ont été émises dès 1995 et que de premiers cas de graves maladies cardiaques ont été signalés dès 1999.

Il est reproché aux laboratoires Servier, poursuivis notamment pour « tromperie aggravée » et « homicides et blessures involontaires », d’avoir sciemment dissimulé les propriétés anorexigènes du Mediator et d’avoir caché sa toxicité. Ils s’en sont toujours défendus.

L’ANSM, qui comparaît pour « homicides et blessures involontaires » par négligence, pour avoir tardé à suspendre le médicament en dépit d’alertes dès 1995 sur sa dangerosité, a reconnu une part de responsabilité et ne sollicitera pas la relaxe. La défense plaidera à partir du 29 juin.

Le Monde

Leave a Reply