Manifestation contre la loi Sécurité globale : avenue Gambetta à Paris, « c’était la guerre ! » – Le Parisien

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« Tristes », « dégoûtés », « scandalisés », « en colère ». Ce dimanche matin, les riverains de l’avenue Gambetta (XXe) ont découvert une « vision cauchemardesque » de leur quartier : carcasses de voiture encore fumantes, mobilier urbain détruit, banques, assurances et agences immobilières vandalisées, tags, le tout sur fond de forte odeur de brûlé.

Ce dimanche matin, avenue Gambetta (XXe). LP/C.C.
Ce dimanche matin, avenue Gambetta (XXe). LP/C.C.  

« Eh ! c’est la guerre là ? », « hallucine » un jeune devant le cimetière de voitures. « C’est deg… ! », s’indigne Maria, venue avec sa fille acheter le sapin de Noël chez le fleuriste à côté. « Ce matin, j’ai vu l’épicier qui cherchait ses documents dans son camion tout brûlé. »

A ses côtés, un retraité passe à vélo, puis des familles, des courses sous le bras. Des passants immortalisent la scène au smartphone tandis que les conducteurs de voitures ralentissent, intrigués.

 LP/Céline Carez
LP/Céline Carez  

Samedi soir, en marge et en fin de la manifestation contre la loi Sécurité globale à Paris, partie de République pour s’achever porte des Lilas, via l’avenue Gambetta, la portion Saint-Fargeau de ce quartier du nord-est de Paris, d’ordinaire tranquille et familial, a été mise à sac par les casseurs.

A côté des voitures brûlées, il y a une banque détruite, son distributeur de billets carbonisé, ses vitres cassées, et ses bureaux jonchés de verre.

«J’ai eu peur » confie Roméo, 9 ans

L’agence immobilière Stéphane Plaza, recouverte de contreplaqué, a eu les vitres soufflées et ses murs ont été tagués : « Nike les agences et la gentrification » (sic) et « Darmanin, nique tes morts ». Plus loin : « La propriété privée est la racine des inégalités sociales. Squattons Paname ! » et « All cops are bastards » (« Tous les flics sont des salauds »).

Les commerces étaient pourtant fermés. « La préfecture nous l’avait conseillé », indique la boulangère, épargnée par les casseurs.

LP/Céline Carez
LP/Céline Carez  

LP/Céline Carez
LP/Céline Carez  

« Quand tout a commencé à brûler, se souvient Guillaume, on a vu des gens descendre de chez eux pour essayer de protéger leur voiture, en vain ». « Ce que je trouve dingue, s’indigne cet habitant, qui a tout filmé de ses fenêtres, c’est que les black blocs étaient bien visibles, tout en noir, regroupés en tout début de cortège, avant les gendarmes, les manifestants et les Gilets jaunes ». « Comment, ont-ils pu opérer en toute impunité? », s’interroge le quadra.

« J’ai eu peur », confie aussi Roméo, 9 ans. Ce samedi soir, l’enfant était aux premières loges, à la fenêtre, avec son papa. « Les poubelles brûlaient. Ça faisait des bruits d’explosion ». Le panneau Clear Channel en bas de chez lui a d’ailleurs été soufflé…

LP/Céline Carez
LP/Céline Carez  

Toute la nuit, des équipes d’agents de la DPE (Direction de la propreté et de l’eau) ont été à pied d’œuvre le long du parcours pour évacuer les poubelles brûlées, les déchets d’incendie, les bouts de bitume brûlés, les débris de verre des abribus. Les agents ont aussi remis en place les grilles d’arbres déplacées pour être lancées contre les forces de l’ordre. Puis équipés de laveuses, ils ont nettoyé les trottoirs et commencé à effacer les tags au mur.

Un appel à «organiser autrement les parcours de manifestations »

Ce dimanche, les élus se sont indignés : « Condamnation la plus ferme des violences commises par des casseurs en marge de la manifestation d’hier à Paris. Plein soutien aux forces de l’ordre, aux pompiers et aux agents sur le terrain pour réparer les dégâts. Nous sommes aux côtés des commerçants et des riverains », a tweeté la maire (PS) de Paris Anne Hidalgo. « Colère et lassitude ! » a ajouté son premier adjoint, Emmanuel Grégoire.

De son côté, le président de la CPME (confédération des petites et moyennes entreprises) de Paris Île-de-France a appelé les pouvoirs publics à « organiser autrement les parcours de manifestations et à protéger les zones commerciales ». «Les Parisiens en ont assez d’avoir à vivre et travailler le samedi dans une ambiance de guérilla urbaine », a écrit Bernard Cohen Hadad dans un communiqué.

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