La justice britannique pourrait forcer Facebook à se se délester de Giphy

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La justice britannique pourrait forcer Facebook à se se délester de Giphy

Mauvaise nouvelle pour Facebook : le réseau social n’en a pas fini avec ses déboires judiciaires. C’est cette fois du côté du Royaume-Uni que l’ombre d’une nouvelle menace plane pour l’empire de Mark Zuckerberg, alors que le gendarme britannique de la concurrence scrute de près l’acquisition de Giphy par Facebook, réalisée il y a de cela une année. 

Jeudi, l’Autorité britannique de la concurrence a déclaré avoir provisoirement conclu que la fusion de Facebook avec Giphy nuit à la concurrence entre les plateformes de réseaux sociaux en éliminant un challenger potentiel sur le marché de la publicité en ligne. Résultat : si les préoccupations du régulateur britannique sont confirmées, Facebook pourrait être contraint d’annuler l’opération et de vendre Giphy.

Pour rappel, Facebook avait racheté le géant du GIF en mai 2020, pour un montant estimé à environ 400 millions de dollars. Lors de l’annonce de l’opération, Facebook a fait valoir que 50 % du trafic de Giphy provenait déjà de la famille d’applications Facebook, et la moitié de ce trafic provenait d’Instagram. Un argumentaire qui peine à convaincre le gendarme britannique de la concurrence, qui estime au contraire que la transaction a un impact négatif sur la concurrence entre les plateformes de réseaux sociaux.

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Un obstacle à la concurrence ?

“Des millions de publications chaque jour sur les sites de médias sociaux incluent désormais un GIF. Toute réduction du choix ou de la qualité de ces GIF pourrait affecter de manière significative la façon dont les gens utilisent ces sites et s’ils passent ou non à une autre plateforme, comme Facebook”, fait savoir l’Autorité britannique. “Étant donné que la plupart des principaux sites de médias sociaux qui font concurrence à Facebook utilisent les GIFs de Giphy, et qu’il n’existe qu’un seul autre grand fournisseur de GIFs – à savoir le service Tenor de Google – ces plateformes n’ont que très peu de choix”, regrette le gendarme.

Celui-ci a provisoirement constaté que la propriété de Giphy par Facebook pourrait l’amener à refuser aux autres plateformes l’accès à ses GIFs. “Alternativement, elle pourrait modifier les conditions de cet accès — par exemple, Facebook pourrait exiger des clients de Giphy, tels que TikTok, Twitter et Snapchat, qu’ils fournissent davantage de données sur les utilisateurs afin d’accéder aux GIFs de Giphy”, poursuit-elle, estimant que de “telles actions pourraient accroître le pouvoir de marché de Facebook, qui est déjà important.”

A noter qu’outre le chien de garde britannique de la concurrence, la Commission australienne de la concurrence et de la consommation (ACCC) examine également l’accord conclu entre la direction de Facebook et celle de Giphy en mai 2020. “Nous examinons des questions comme celle de savoir s’ils ont la capacité de se donner des avantages en favorisant leurs propres produits, ou si ces acquisitions élèvent des barrières à l’entrée pour d’autres concurrents”, a déclaré en août le président de l’ACCC, Rod Sims, à propos des accords Facebook-Giphy et Google-Fitbit.

Aux États-Unis, la FTC a confirmé en septembre qu’elle se penchait également sur l’opération et qu’une procédure d’application était en cours.

Source : ZDNet.com

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