Election présidentielle 2022 : Arnaud Montebourg se place sur la ligne de départ – Le Monde

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L’ancien ministre de François Hollande, devenu chef d’entreprise, doit annoncer sa candidature à l’Elysée, samedi 4 septembre. Sans véritables troupes et avec peu de moyens, il espère parler à l’électorat populaire pour éviter un second tour Macron-Le Pen.

C’est un secret de polichinelle : Arnaud Montebourg n’avait jamais entièrement renoncé à son ambition présidentielle. Mais ses deux échecs successifs à la primaire de la gauche, en 2011 et en 2017, puis l’effondrement du Parti socialiste (PS) consécutif à l’élection d’Emmanuel Macron auront, un temps, mis entre parenthèses les velléités de l’ex-ministre du redressement productif de François Hollande. Samedi 4 septembre, à Clamecy, sa ville natale, dans cette Nièvre si chère à François Mitterrand, et à huit mois de l’élection présidentielle, l’ancien frondeur doit annoncer sa candidature, avec pour objectif de rassembler une gauche éparse.

L’ancien avocat reconverti dans l’entreprenariat tricolore – dans la fabrication de miel et dans la production d’amandes et de glaces « fermières » – a mûri son projet au cours de la dernière année. « Avant l’été, il y a eu quelques hésitations à tous les niveaux politiques et personnels. Il a beaucoup hésité », témoigne l’ancien secrétaire d’Etat Thierry Mandon, son ami et soutien politique. En juillet, sa décision se cristallise autour d’une candidature à la rentrée.

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Arnaud Montebourg entendrait « profiter du climat très mouvant à gauche » pour « faire le trou » en cette rentrée politique placée sous le signe de la dispersion des candidatures, à base de propositions conjuguant le « made in France », l’écologie et le social, et des engagements sur le régalien à contre-courant de la gauche « woke », qu’il juge irréaliste. Autre argument de sa campagne : son projet de VIe République, censé répondre à la crise démocratique et à la montée continue de l’abstention, dont Jean-Luc Mélenchon s’est aussi fait le parangon et qu’Arnaud Montebourg défend depuis des années.

« C’est assez singulier et original, des gens qui ont arrêté la politique pour faire autre chose sans choisir pour autant le confort ou la facilité », apprécie l’un de ses soutiens, la sénatrice (PS) de l’Oise et ancienne ministre, Laurence Rossignol, au diapason d’une garde rapprochée qui tient à échapper au mythe du candidat « à tout prix ».

Briser le duel annoncé

Son livre L’Engagement, paru en novembre 2020 (Grasset), récit en coulisse de ses années au cœur du pouvoir, avait été une première occasion de renouer avec l’opinion tout en formulant un certain nombre de propositions sur la réindustrialisation, son cheval de bataille depuis son départ du gouvernement en 2014. Dans le viseur : son successeur de l’époque à Bercy, Emmanuel Macron, représentant selon lui de l’élite, qualifiée de « bloc bourgeois » à l’opposé du « bloc réactionnaire », incarné par Marine Le Pen.

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