Des milliers de manifestants « anticorona » de nouveau réunis au cœur de Berlin – Le Monde

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Des manifestants participent à un rassemblement organisée par des membres d’extrême droite pour protester contre les restrictions liées à la nouvelle pandémie de Covid-19, le 29 août 2020 à Berlin.

Les protestations d’opposants au port du masque et aux mesures de restriction contre la pandémie de Covid-19 se poursuivent en Allemagne. Plusieurs milliers de manifestations défilent à nouveau, samedi 29 août, à Berlin, dans un contexte de résurgence de l’épidémie dans le pays.

Le rassemblement, qui doit rassembler 22 000 participants, inquiète les autorités. Intitulé « fête de la liberté et de la paix », l’événement rassemblant « libres penseurs », militants antivaccins, conspirationnistes ou encore sympathisants d’extrême droite, constitue le second du genre en un mois. Une foule très mélangée, de toutes classes d’âge, y compris des familles avec enfants, se rassemblait samedi matin autour de l’emblématique porte de Brandebourg, point de départ de la manifestation qui devait débuter vers 11 heures. Quelque 3 000 policiers étaient sur place.

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« Je ne suis pas un sympathisant d’extrême droite, je suis ici pour défendre nos libertés fondamentales », tient à préciser Stefan, Berlinois de 43 ans, crâne rasé, portant un tee-shirt gris avec écrit en majuscules blanches : « Penser, ça aide ! » « On est là pour dire : il faut faire attention ! Crise du coronavirus ou non, il faut défendre nos libertés », réagit Christina Holz, une étudiante de 22 ans, qui porte un tee-shirt réclamant la libération de Julien Assange, fondateur de WikiLeaks détenu au Royaume-Uni.

Contre-manifestations

La municipalité de la capitale allemande a d’abord interdit mercredi la manifestation pour « raison de santé publique » : l’impossibilité à ses yeux de faire respecter les distances d’au moins 1,50 mètre entre manifestants. Mais le tribunal administratif, saisi en référé par les organisateurs, leur a finalement donné raison vendredi.

L’initiateur de la manifestation, Michael Ballweg, un entrepreneur en informatique sans étiquette politique à la tête du mouvement Penseurs non-conformistes-711 apparu à Stuttgart, a décrit la tentative d’interdiction comme une « attaque contre la Constitution » allemande défendant le droit d’expression.

Ses partisans s’insurgent contre la « dictature » des mesures autour du nouveau coronavirus ressenties comme une entrave à leur liberté. Ils exigent la chute du gouvernement d’Angela Merkel et de nouvelles élections en octobre 2020, soit un an avant la date prévue. Plusieurs figures d’extrême droite ont appelé à rejoindre la manifestation et se sont félicitées qu’elle puisse se tenir. Un député de l’Alternative pour l’Allemagne (AfD), Leif-Erik Holm, a parlé sur Twitter d’une « victoire pour la liberté ».

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Ses organisateurs devront veiller à ce qu’une distance minimale soit bien respectée entre manifestants. Le port du masque ne sera en revanche pas obligatoire. Vendredi soir, quelque 1 500 manifestants se sont déjà réunis pacifiquement devant la porte de Brandebourg.

Plusieurs organisations de gauche ont quant à elles appelé à des contre-manifestations. Samedi, « il sera important que nous montrions qu’il ne peut y avoir de tolérance pour les racistes, les antisémites, les extrémistes de droite et les nazis », a asséné Anne Helm, dirigeante de la section berlinoise du parti de gauche radicale Die Linke.

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Contexte de gronde

Une précédente manifestation du même type avait déjà réuni le 1er août quelque 20 000 personnes appartenant majoritairement à la sphère d’extrême droite. Elle avait été interrompue par la police car les manifestants n’avaient pas respecté les gestes barrières.

Ce rassemblement intervient dans un contexte de grogne croissante dans l’opinion allemande à l’égard des restrictions liées à la pandémie. Et ce, même si l’Allemagne a plutôt mieux résisté que ses voisins, et que les restrictions pour lutter contre le nouveau coronavirus n’ont jamais été aussi strictes qu’en France ou en Italie par exemple.

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Comme de nombreux pays européens, l’Allemagne est également confrontée ces dernières semaines à une reprise de la pandémie, avec en moyenne quelque 1 500 nouveaux cas déclarés chaque jour. Samedi, l’institut de veille sanitaire RKI a fait état de 1 479 nouvelles infections en vingt-quatre heures.

La chancelière Angela Merkel a déclaré vendredi s’attendre à une évolution de la pandémie « encore plus difficile » dans les prochains mois. Cette dégradation ces derniers jours, en partie imputée aux retours de vacances, a poussé les autorités à prendre de nouvelles mesures de restriction comme la limitation des rassemblements privés ou la mise en place d’amendes pour non-port du masque, là où il est obligatoire.

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Le Monde avec AFP

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