Coronavirus : l’Inde déplore plus de 2000 morts en 24 heures, les contaminations explosent – Le Parisien

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Jour après jour, l’Inde s’enfonce. Le pays a enregistré ce mercredi 2 023 décès dus au Covid-19 et 295 041 nouveaux cas, l’un des bilans quotidiens les plus élevés au monde depuis le début de la pandémie, selon des données officielles. Ce qui porte le bilan selon les chiffres du ministère de la Santé à 15,6 millions de contaminations en Inde et 182 553 morts depuis l’apparition du virus.

Ces 300 000 contaminations, dans un pays gigantesque qui teste inégalement, c’est trois fois plus que le record enregistré le 17 septembre 2020 lors de ce que les autorités indiennes considèrent comme la première vague. Et jamais en un an le bilan quotidien de mortalité n’avait dépassé la barre des 2 000.

Cette explosion a conduit le Premier ministre Narendra Modi à intervenir pour la première à la télévision depuis des semaines. « La situation était sous contrôle il y a quelques semaines encore et la deuxième vague est arrivée comme un ouragan », a-t-il affirmé. Confrontés « une nouvelle fois (à) une grosse bataille », les Indiens doivent en faire davantage, a-t-il demandé à ses compatriotes, pour éviter de nouveaux confinements.

Ces dernières semaines, des millions de personnes ont participé au pèlerinage hindou Kumbh Mela, à des rassemblements politiques, à des mariages somptueux et à des événements sportifs, faisant circuler le virus à vitesse grand V. Des Etats entiers ont dû reconfiner leur population les week-ends, notamment l’Uttar Pradesh, qui compte 200 millions d’habitants, ou édicter des couvre-feux assortis de nombreuses fermetures diurnes comme à Bombay. Depuis lundi soir, Delhi est confinée pour une semaine, tous les magasins non essentiels sont fermés. Ce mercredi, l’Etat du Haryana, au nord du pays, a décidé d’avancer de près de trois semaines les vacances scolaires d’été, qui commencent en principe mi-mai.

La course à l’oxygène

Partout, c’est une course à l’approvisionnement en oxygène qui se dispute. Le ministre en chef de Delhi, Arvind Kejriwal, qui s’est isolé mardi après que son épouse a été testée positive, a tweeté tard mardi que certains hôpitaux de la mégalopole n’avaient « plus que quelques heures d’oxygène » en réserve.

VIDÉO. Hôpitaux débordés, pénurie d’oxygène, variant inquiétant… L’Inde en plein cauchemar

Les hôpitaux publics de la mégalopole de 20 millions d’habitants, dont les commerces non essentiels sont fermés pour une semaine depuis lundi soir, ont confirmé qu’ils n’avaient que 8 à 24 heures de réserves, tandis que les hôpitaux privés ne semblent pouvoir tenir que 4 à 5 heures. Quand un approvisionnement arrive, comme au Fortis Escorts Heart Institute ou à l’Indraprastha Apollo Hospital, à New Delhi, il permet de tenir une journée. Un fonctionnement au jour le jour qui n’augure que d’une aggravation de la mortalité. Mardi, Delhi a enregistré 28 395 nouveaux cas – trente fois les contaminations quotidiennes de l’hiver – et 277 décès, son niveau le plus élevé depuis le début de la pandémie. Une personne sur trois testées pour le coronavirus s’est révélée positive, a indiqué le gouvernement de l’État, ce qui accentue la pression sur les infrastructures de santé.

La tension est si forte que l’hôpital Amarleela dans le district de Janakpuri après avoir passé un appel de détresse pour ses 32 patients, a vu arriver onze bombonnes d’oxygène apportées… par la police.

« Le gouvernement central et les gouvernements des États, ainsi que le secteur privé, tentent ensemble d’assurer l’approvisionnement en oxygène des personnes qui en ont besoin. Nous essayons d’augmenter la production et l’approvisionnement en oxygène dans tout le pays », a voulu rassurer Narendra Modi mardi soir.

L’oxygène n’est pas seul à manquer. Sur les réseaux sociaux, la population multiplie les appels à l’aide pour trouver des lits, ainsi que le médicament antiviral Remdevisir, notamment à Delhi et dans l’État le plus peuplé d’Uttar Pradesh. Hier soir, il n’y avait pas de lits pour les patients covid dans environ 80 des 142 hôpitaux de Delhi, selon les données du gouvernement. Mais un homme d’affaires interrogé par Reuters qui a passé des coups de fil pour trouver une place s’est vu répondre que le système informatique informant les hôpitaux montrait qu’il n’y avait plus aucun lit covid disponible.

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