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Coronavirus : le traitement à la chloroquine semble « prometteur » – Journal La Croix

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À chaque jour suffit sa peine. Un traitement au moyen d’un médicament contre le paludisme, lancé le 9 mars à l’IHU Infection Méditerranée par le Pr Didier Raoult, semble aujourd’hui prometteur alors que son intérêt était discuté par la majorité des médecins infectiologues il y a encore trois semaines.

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La chloroquine est une molécule essentiellement utilisée en prévention et traitement du paludisme (ou malaria), une fièvre due à un parasite sanguin transmis par un moustique et pouvant être mortelle. En France, elle a été mise sur le marché en 1949 sous le nom de Nivaquine. C’est un dérivé de la quinine, un alcaloïde naturel antipaludique, extrait de l’écorce du quinquina, un arbuste d’Amérique du Sud, connu pour faire baisser la fièvre. Elle est également utilisée dans les maladies auto-immunes de type lupus ou polyarthrite rhumatoïde.

Des résultats encourageants

L’essai expérimental, mené par Didier Raoult et son équipe, en collaboration avec le CHU de Nice, a montré que l’administration de chloroquine était « spectaculaire ». Dans une vidéo, le directeur de l’IHU indique que 24 patients atteints par le coronavirus ont reçu une dose de 600 mg/jour de Plaquenil (hydroxychloroquine). Six jours plus tard, 75 % des patients sont débarrassés du virus, alors que 90 % de ceux qui n’ont pas reçu ce traitement – le groupe contrôle – sont toujours positifs. En outre, l’effet thérapeutique de la chloroquine était renforcé par l’azithromycine, un antibiotique utilisé pour traiter les infections des voies respiratoires.

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« Un article scientifique relatant ce travail vient d’être accepté, c’est-à-dire analysé et validé par des infectiologues indépendants, français ou étrangers, pour la revue International Journal of Antimicrobials Agents, indique Bernard La Scola, médecin-biologiste à l’IHU de Marseille et chargé du dosage de la charge virale. Il devrait être publié en ligne entre demain et la fin de la semaine », précise-t-il. Il s’agit là d’un point important, car cela signifie que ce traitement pourrait être efficace et affaiblit certaines critiques comme le risque d’effets indésirables (interactions avec d’autres médicaments, surdosage) mis en avant par d’autres infectiologues.

Quoi qu’il en soit, si cette publication marque une avancée dans l’efficacité de ce traitement, d’autres services d’infectiologie, en France comme à l’étranger, doivent encore confirmer cette propriété anticoronavirus.

Le 19 février, une équipe chinoise avait montré un effet thérapeutique du phosphate de chloroquine sur une centaine de patients infectés. Les médecins concluaient que ce médicament exerçait une « efficacité apparente et une innocuité acceptable » contre la pneumonie due au Covid-19.

Une évolution du ministère de la Santé

« J’ai pris connaissance des résultats (de l’équipe de Marseille, NDLR) et j’ai donné l’autorisation pour qu’un essai plus vaste par d’autres équipes puisse être lancé dans les plus brefs délais sur un plus grand nombre de patients », a indiqué, mardi 17 mars, le ministre de la Santé, Olivier Véran, précisant que ces essais « ont déjà commencé à Lille ».

Mais « il est absolument fondamental d’asseoir toute décision de politique publique en santé sur des données scientifiques validées, et les processus de validation, on ne peut pas négocier avec », a-t-il souligné. « On peut raccourcir tous les délais, ce que nous avons fait », a-t-il encore souligné, indiquant avoir donné « en 24 heures » l’autorisation de mener ces essais.

À la suite de cette annonce, le laboratoire français Sanofi s’est dit prêt à offrir aux autorités françaises des millions de doses de l’anti-paludique Plaquenil, pouvant traiter potentiellement 300 000 malades, après des essais jugés « prometteurs » auprès de patients atteints du Covid-19, tout en précisant que le groupe se tient prêt à travailler avec les autorités de santé françaises « pour confirmer ces résultats ».

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