Dans son livre, l’ex-chargé de mission à l’Elysée se pose en victime des hauts fonctionnaires, ce « deep state [qui] dirige la France en regardant les politiques passer ».

Par et Publié aujourd’hui à 11h07, mis à jour à 11h19

Temps de Lecture 3 min.

A 28 ans, Alexandre Benalla a l’avenir devant lui. Il s’habille et vit en homme d’affaires, vise le marché de la sécurité privée en Afrique, et fait défiler depuis des mois dans les palaces parisiens des journalistes, profession qui depuis toujours raffole des personnages comme lui. Mais l’ancien chargé de mission à l’Elysée s’imagine aussi en élu local, candidat sans étiquette aux élections municipales de mars 2020 à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis). Pour s’imposer, il lui fallait un livre : Ce qu’ils ne veulent pas que je dise, qui paraît jeudi 7 novembre chez Plon (288 pages, 19 euros).

Sur les différents volets de l’affaire qui porte son nom et lui vaut une dizaine de mises en examen, Alexandre Benalla ne change pas de version. Il maintient que, le 1er mai 2018, place de la Contrescarpe à Paris, sous son casque de policier, il a agi en bon « citoyen » en aidant les policiers – les vrais – à procéder à une interpellation mouvementée. Il se serait même vu « décoré » pour cela.

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« Parasites sur la bête étatique »

S’il a continué à utiliser les passeports diplomatiques de l’Elysée après son licenciement lors de voyages d’affaires en Afrique ou au Moyen-Orient, c’était une « erreur » due à la négligence. Il continue d’affirmer n’avoir joué aucun rôle dans le contrat signé, quand il était en poste à l’Elysée, entre une société montée par un de ses proches et l’industriel russe Iskandar Makhmudov, qui cherchait des gardes du corps pour sa famille en France. Ce contrat fait l’objet d’une enquête préliminaire pour corruption.

De son observation de la vie au Château, Alexandre Benalla rapporte quelques anecdotes insolites (la préparation des obsèques de Johnny Hallyday avec « Mimi » Marchand et la facture du cercueil envoyée à l’Elysée par le manageur), mais surtout sa haine de tous ceux qui vivent en « parasites sur la bête étatique, profitant des bienfaits du système grâce au sésame d’un diplôme ou l’appartenance à un corps » et, plus généralement, des hauts fonctionnaires. Il les nomme « les hommes en gris ».

Ses têtes de turc : Patrick Strzoda, « ce bon directeur » du cabinet du président (qui ne l’a pas ménagé devant la commission d’enquête du Sénat) et son supérieur hiérarchique à la chefferie de cabinet, François-Xavier Lauch, auquel il prête cette réplique lorsqu’il lui demande de renforcer la sécurité de Brigitte Macron :

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