Accident mortel de l’A7 : «C’est pire qu’un drame, c’est une famille complète qui disparaît» – Le Parisien

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Ils sont venus de toute l’agglomération lyonnaise, mais aussi de la région parisienne, de la Drôme et d’ailleurs… Ce mercredi après-midi, près d’un millier de personnes se sont retrouvées à la grande mosquée de Lyon (Rhône), pour rendre hommage aux cinq enfants disparus dans l’accident de l’autoroute A7, lundi soir au niveau d’Albon dans la Drôme. Une cérémonie religieuse organisée par le recteur de la grande mosquée, Kamel Kabtane, et celui de la mosquée de Villeurbanne, Azzedine Gaci, en réponse à l’immense émotion déclenchée par ce drame dans la communauté musulmane.

Devant cette assemblée émue et recueillie, Rachid, ce père de famille qui a perdu ses deux enfants et dont la jeune épouse est actuellement dans le coma à l’hôpital Edouard-Herriot de Lyon, a tenu à prononcer un discours qui a tiré les larmes à de nombreux participants. A commencer par Kamel Kabtane. « On voit aujourd’hui une famille déchirée, un père qui a perdu ses enfants, qui va peut-être perdre sa femme et qui nous donne une leçon, confie-t-il. La façon dont il a abordé et exprimé les choses est pour nous une leçon de vie. Il montre qu’au-delà de la souffrance, il y a autre chose, peut-être un être supérieur qui est là pour donner et reprendre. »

« Ce père qui a perdu ses deux enfants nous a dit que Dieu avait donné la vie et l’avait reprise, qu’il supportait cette situation mais que c’était très dur pour lui. Il nous a donné une leçon de courage », estime encore le recteur de la mosquée de Lyon.

Dans la foule des anonymes qui se sont pressés pour présenter leurs condoléances à cette famille, il y a de nombreuses femmes, comme Genna, la vingtaine, venue de Vénissieux, commune d’origine des victimes. « Je connaissais bien Rayan (14 ans), c’était un garçon super-gentil, ça me fait mal de savoir qu’il est décédé dans cet accident, mais je suis venu aussi pour soutenir sa famille. » Fatiha est en larmes. Elle s’est aussi déplacée de la commune voisine de Vénissieux. « Ce sont mes voisins qui sont morts dans l’accident, c’est un choc, c’est horrible. Je voyais les enfants jouer dans le jardin tous les matins, raconte la jeune femme voilée. C’est vraiment très dur. Heureusement, on a la foi, c’est ce qui nous permet de tenir. »

Des anonymes venus rendre hommage

Elle évoque sa voisine, mère de trois des enfants décédés et gravement brûlée dans l’incendie du véhicule : « C’est une femme tellement pieuse, gentille, simple. J’étais avec elle trois jours avant, et le lendemain… plus rien, c’est comme ça, on est de passage. C’est pire qu’un drame, c’est une famille complète qui disparaît, calcinée. » Fatiha raconte aussi le chagrin de ses propres enfants « qui pleurent toute la journée, comme tous les enfants du quartier ». Fathia a voulu rendre visite à sa voisine et amie à l’hôpital, mais elle n’a pas été autorisée à le faire par le corps médical.

Et puis, il y a ceux, comme Sabah, la quarantaine, accompagnée de sa mère, qui ont voulu participer à cette cérémonie sans connaître directement cette famille endeuillée. « On vient de Villefranche-sur-Saône. On ne connaissait pas cette famille, mais on voulait rendre hommage à ces petits, cet accident nous a complètement chamboulés », explique Sabah qui tient à préciser : « Tout cela n’a rien à voir avec la religion, c’est simplement parce que ce sont des enfants. »

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