Vaccins contre le Covid-19 : à quoi correspondent les différentes phases des essais cliniques ? – franceinfo

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Le monde entier livre une course au vaccin contre le Covid-19, pour tenter d’en finir avec la crise sanitaire et économique. S’il faut en général plus de dix ans pour développer un vaccin, les différents fabricants ont cette fois battu des records de rapidité pour proposer des solutions. Malgré tout, ils doivent respecter des procédures codifiées et standardisées, garantes du sérieux de leurs travaux.

Les chercheurs développent d’abord le candidat vaccin lors d’une phase préclinique, avec des essais in vitro et chez l’animal. Puis viennent trois phases d’essais cliniques réalisés sur l’être humain.  Avant de débuter, un essai mené en France doit obtenir un avis favorable du Comité de protection des personnes (CPP) et une autorisation de l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM). Ce n’est qu’au terme de la dernière phase qu’une autorisation de mise sur le marché peut être obtenue (une autorisation conditionnelle peut être délivrée avec des résultats intermédiaires).

Pour aller plus vite, toutefois, certaines sociétés ont lancé simultanément plusieurs études correspondant aux différents stades d’avancement. Compte tenu du fort intérêt mondial pour un vaccin, des fonds ont été facilement mobilisés pour la recherche et des dérogations variées ont permis d’accélérer les procédures.

Phase 1 : évaluer la toxicité du produit

Ces essais de phase 1 impliquent un faible nombre de patients, quelques dizaines tout au plus. Le candidat vaccin est administré pour la première fois chez l’humain, et permet de vérifier que la molécule testée ne pose pas de problème majeur de santé. La phase 1 a donc pour objectif principal de déterminer la toxicité du produit et ce qu’il devient dans l’organisme (la cinétique). Elle est conduite la plupart du temps sur des adultes en bonne santé, qui sont placés sous suivi médical strict. Cette étape permet également de définir une dose maximale tolérée. Les chercheurs peuvent commencer à observer l’immunogénicité du vaccin, c’est-à-dire sa capacité à entraîner une réponse immunitaire. En temps normal, cette phase peut durer entre un et deux ans.

Phase 2 : mesurer l’efficacité et affiner le dosage

Ces essais se déroulent sur un groupe plus large, généralement entre 100 et 400 personnes. La phase 2 va fournir des données préliminaires sur l’efficacité du vaccin dans un groupe de participants. La plupart du temps, ces essais sont dits “comparatifs”, c’est-à-dire que plusieurs groupes de patients sont constitués, certains recevant un placebo. On cherche désormais à en savoir un peu plus sur l’efficacité de la molécule et à en affiner le dosage, notamment en déterminant une dose minimale efficace qui est ensuite administrée.

La sécurité du produit continue d’être évaluée, et les effets secondaires graves à court terme font l’objet d’une enquête. Ils peuvent entraîner la suspension ou l’arrêt d’un essai, comme dans le cas de l’essai mené par le groupe AstraZeneca, temporairement interrompu en septembre. Ces essais permettent également de recueillir de premières données sur le délai optimal entre les différentes injections nécessaires. En temps normal, cette phase peut durer entre trois et cinq ans.

Phase 3 : déterminer le rapport bénéfice-risque

Cette étape permet d’avoir une vue d’ensemble sur l’efficacité d’un vaccin et sa tolérance par l’organisme. Les essais de phase 3 vont en effet permettre de collecter davantage d’informations en étudiant différentes populations et différents dosages. 

Cette phase peut durer entre trois et cinq ans, avec plusieurs milliers de participants. Mais les essais menés pour les vaccins contre le Covid-19 ont mobilisé des cohortes encore plus importantes (30 000 pour Moderna, 40 000 pour AstraZeneca, 44 000 pour Pfizer, voire 90 000 pour deux essais de Johnson & Johnson). Grâce au nombre important de participants, ces études permettent d’évaluer le rapport entre le risque et les bénéfices du candidat vaccin.

Après la mise sur le marché : une surveillance sur le long terme

Cette phase débute après la mise sur le marché du vaccin ou du médicament. A ce stade, il ne s’agit plus d’essais cliniques. Cette nouvelle étape permet de  “détecter des effets indésirables rares, des complications tardives ou encore des biais de prescription ou un mauvais usage”, explique l’Inserm. Cela peut passer par des essais lancés par des équipes de chercheurs ou par des remontées d’information à moyen et long terme. En France, ce second rôle est notamment dévolu aux centres régionaux de pharmacovigilance (CRPV), en collaboration avec l’ANSM.

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