Vaccin contre le Covid-19 : la guerre secrète des espions – LCI

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C’est la dernière en date d’une longue série. L’Agence européenne du médicament (AEM) l’a reconnu elle-même ce mercredi 9 décembre : ses ordinateurs ont été ciblés par des pirates informatiques. Une cyber-attaque en règle, sans coupable pour l’heure, qui cherchait à l’évidence à obtenir des informations confidentielles sur le vaccin contre le Covid-19. Des documents émanant des laboratoires Pfizer et BioNTech auraient été visés par les hackers. Dans un communiqué, l’Agence est restée très discrète sur l’attaque, non revendiquée à ce jour, et simplement précisé que la livraison des vaccin ne sera pas affectée. Seule certitude : l’agression virtuelle n’est pas passée par un “rançongiciel”. Aucune somme d’argent n’a été réclamée à l’AEM. Les pirates 2.0 savaient précisément où aller, et quels documents chercher. En toute illégalité bien sûr. 

L’épisode n’est pas une surprise pour les services de renseignement américains. Ces dernières semaines, le FBI (Federal Bureau of Investigation) a multiplié les alertes et les messages de vigilance en direction des laboratoires. Washington n’y est pas allé par quatre chemins, n’hésitant pas à publier des listes de hackers présumés, chinois comme russes, désignés – photo d’identité à l’appui – comme responsables de dizaines de cyber-attaques commises aussi bien aux USA qu’en Europe. Le FBI est formel : la plupart de ces hommes travaillent aux ordres de Pékin et de Moscou. Jusqu’à présent, la Chine comme la Russie ont poliment démenti toute intrusion informatique agressive et illégale….

Peu importe leur origine, les hackers n’ont qu’une cible en tête : la recette du vaccin contre le Coronavirus. “Tous les coups sont permis”, affirme un cadre du renseignement français. “C’est de l’espionnage pur et simple, de l’espionnage industriel, virtuel mais redoutable.”  Car la course au vaccin est une guerre sans limite. Il faut dire que les enjeux financiers sont colossaux, et dépassent sans doute les 20 milliards d’euros. “Obtenir la composition du vaccin peut aider un pays, ou un laboratoire, à empocher des sommes faramineuses décrypte un magistrat. Et l’espionnage est souvent un monde de voyous.

Mais la guerre au vaccin n’a pas qu’un enjeu financier. “Il y a aussi un enjeu géopolitique”, souligne Nathalie Coutinet, économiste de la Santé à l’université Sorbonne Paris Nord. “Le pays qui va trouver en 1er le vaccin peut dire qu’il va sauver la planète.” 

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