SFR s’apprête à placer près de la moitié de ses effectifs en chômage partiel

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SFR s'apprête à placer près de la moitié de ses effectifs en chômage partiel

A crise, crise et demie. Alors que la crise économique liée aux effets du confinement commence à produire ses effets, les opérateurs réagissent en ordre dispersé. Dans un courriel adressé en début de semaine à ses effectifs, la direction de SFR a annoncé qu’elle s’apprête à basculer environ la moitié de ses 9 000 salariés en chômage partiel. Une mesure dénoncée par les syndicats SUD et CGT réunis en intersyndicale, qui déplorent qu’en vertu de cette mesure, les salariés touchés perdront leurs primes sur la période, tandis que leurs salaires nets seront amputés de 16 %.

« Seules les personnes rémunérées au SMIC et les salarié.e.s en formation conserveraient 100 % de leurs rémunérations », regrettent les syndicats, qui dénonce que « par cette décision, SFR ferait prendre en charge par la solidarité nationale les salaires versés aux personnes concernées, en puisant dans les caisses de l’Etat et de la sécurité sociale ». La grogne est d’autant plus vivace que les opérateurs, qui basent une grande partie de leurs recettes sur des revenus récurrents, sont moins touchés que d’autres acteurs par la crise économique conjoncturelle qui secoue actuellement le pays.

De son côté, la CFDT voit dans cette mesure « un effet d’aubaine, un opportunisme » lié au lancement d’un plan de soutien économique par le gouvernement, selon des propos relayés par l’agence Reuters. Même constat du côté de l’UNSA, le syndicat majoritaire chez les salariés de l’opérateur, qui a indiqué que « l’ensemble des salariés sont médusés par rapport à ce comportement » et « attend des explications sur le fond comme sur la forme ».

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40 à 50 % des effectifs impactés

Pour rappel, les autorités françaises ont récemment lancé un plan de soutien économique de l’ordre de 45 milliards d’euros pour permettre aux entreprises de réduire ou suspendre temporairement l’activité de leurs salariés durant la période de confinement que nous vivons actuellement, en leur versant une indemnisation prise en charge en partie par l’Etat. Celui-ci bénéficie actuellement à 730 000 salariés.

Si la direction du groupe a bien confirmé la nouvelle en estimant, selon une source proche du dossier, qu’entre 40 et 50 % des effectifs seront concernés par cette mesure, elle se défend en évoquant des circonstances exceptionnelles liées au confinement imposé par les autorités ainsi qu’au ralentissement économique global du pays. La décision est pourtant loin de faire l’unanimité chez les syndicats, qui n’ont pas manqué de relever une différence de traitement chez les concurrents de la marque au carré rouge.

« Orange, auquel SFR aime se comparer, a au contraire choisi de prendre ses responsabilités. Sa direction s’est refusée à envoyer ses salarié.e.s en chômage partiel. Elle prend en charge leurs salaires pendant le confinement », ont ainsi relevé SUD et la CGT, appelant à ce que la direction de l’opérateur prenne en charge les salaires des personnes qui seront privées d’activité. La direction d’Orange a en effet confirmé ne pas avoir l’intention de recourir au chômage partiel, tandis que la direction d’Iliad, qui n’a pas réagi sur ce point, a indiqué via Twitter que les promesses d’embauches prévues par le groupe, qui concernent 230 collaborateurs, sont maintenues.

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