Municipales 2020 : « Une victoire de la gauche à Marseille, cela fait vingt-cinq ans qu’on attendait ça » – Le Monde

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La candidate du Printemps marseillais,  Michèle Rubirola, à la sortie de son bureau de vote  à Marseille, le 28 juin.

C’est une fête étrange. Brève, prudente, contenue. Des larmes de joie, quelques pas de danse, des baisers sans masques, quatre ou cinq hourras. Dimanche 28 juin, c’est sans excès que Michèle Rubirola a célébré sa victoire et quitté le parvis de la mairie de Marseille, où ses militants s’étaient donné rendez-vous. A peine sa première place confirmée avec ses 13 000 voix d’avance, la tête de liste du Printemps marseillais s’est retirée avec ses colistiers dans un bâtiment annexe de l’hôtel de ville pour tenter de relever ce prochain défi : comment contourner le système électoral par secteurs et ne pas se faire voler l’élection lors du « troisième tour », à la fin de semaine.

« Il y a désormais deux dates importantes dans l’histoire de Marseille : sa fondation il y a vingt-six siècles et ce qui vient de se passer dimanche », s’amuse un militant. « Une victoire de la gauche, cela fait vingt-cinq ans qu’on attendait ça », dit un autre. La performance est historique. Le Printemps marseillais remporte les 1er, 2e et 3e secteurs de la ville, qui en compte huit, et même, surprise totale, le 4e, fief de Martine Vassal, la tête de liste de la droite. De quoi imaginer Michèle Rubirola à la mairie, dans le fauteuil du sortant Jean-Claude Gaudin (Les Républicains, LR).

Majorité relative

Dimanche soir, pourtant, l’enthousiasme n’a pas sa place parmi les militants : « Vassal a perdu mais nous n’avons pas gagné », « Il va y avoir des recours dans tous les coins et Marseille n’aura pas de maire pendant quelque temps », « C’est une crise institutionnelle qui s’ouvre »… Malgré ce carton, le Printemps marseillais ne dispose que d’une majorité relative au conseil municipal, 42 sièges sur les 51 nécessaires. L’« insoumise » Sophie Camard, triomphalement élue maire du 1er secteur de la ville et élément moteur du Printemps marseillais, s’inquiète : « Ça va être compliqué. » Tout comme l’ancienne ministre Cécile Duflot, venue fêter la victoire devant l’hôtel de ville.

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Il y a une semaine, l’ex-patronne d’Europe Ecologie-Les Verts (EELV) est descendue spécialement de Paris pour entraîner la candidate du Printemps marseillais. A plusieurs reprises, Michèle Rubirola a semblé manquer d’envie, de confiance en soi. Alors, Cécile Duflot s’est attelée à la tâche. Elle a ainsi convaincu son amie Michèle de s’offrir une demi-journée « off » dans la rade de Marseille, entre ciel et mer, sur le petit bateau que la candidate de 63 ans, mère de trois enfants et grand-mère depuis peu, s’est acheté dans la perspective de sa prochaine retraite.

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