Mis en cause en Corée, Google se défend en vantant son impact sur l’économie du pays

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Mis en cause en Corée, Google se défend en vantant son impact sur l'économie du pays

Google l’a mauvaise. Quelques heures après s’être vu infliger une amende équivalent à 150 millions d’euros en Corée du Sud pour abus de position dominante sur le marché des systèmes d’exploitation mobiles, la filiale d’Alphabet s’est défendue, chiffres à l’appui. Comme l’affirme le géant américain, sa présence sur le marché sud-coréen n’a pas eu que des effets négatifs. Au contraire : la firme californienne assure générer chaque année près de 12 000 milliards de wons (soit 8,68 milliards d’euros) en « retombées économiques » pour les utilisateurs coréens.

S’appuyant sur un rapport publié par la société de conseil AlphaBeta, le géant américain fait valoir que les Sud-Coréens bénéficient chaque année de 3,69 milliards d’euros d’avantages grâce à son Play Store, de 3 milliards d’euros via son moteur de recherche éponyme et de 1,8 milliard d’euros de bénéfices grâce à sa suite bureautique Workspace (ex-G Suite). « Grâce à ses programmes et à ses produits, Google a largement contribué à faire avancer la transformation numérique de la Corée du Sud et à en faire bénéficier les entreprises, les consommateurs et la société en général », avancent sans beaucoup plus d’explications les auteurs de ce rapport.

Et d’assurer que « le système d’exploitation Android, par exemple, permet aux développeurs d’applications de réduire le temps de développement et de réaliser des économies tant pour les fabricants d’équipements originaux sud-coréens que pour les développeurs d’applications ». « Grâce à Google Search et Google Ads, ainsi qu’à AdSense, Google soutient la création de plus de 54 000 emplois en Corée du Sud », indique la société de conseil, pour qui « ces emplois sont créés grâce à l’utilisation des produits Google qui permettent aux entreprises d’élargir leur clientèle et d’augmenter leur chiffre d’affaires, puis d’embaucher davantage de personnel pour répondre à la demande supplémentaire ».

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Défense tous azimuts

En tout, Google chiffre à plus de 350 000 personnes le nombre de citoyens sud-coréens occupant des emplois dont l’existence est liée aux retombées d’Android en 2020. Le géant américain indique aussi que l’impact de sa présence en Corée du Sud rapporte chaque année 7,5 milliards d’euros aux entreprises nationales. Si l’entreprise n’explique pas la méthodologie qu’elle a utilisée pour arriver à ses chiffres, elle indique que « pour les entreprises, ces avantages économiques se présentent sous la forme d’une augmentation des revenus, grâce à une meilleure sensibilisation des clients et à l’accès à de nouveaux marchés, ainsi que d’une amélioration de la productivité grâce à des gains de temps ».

Sur ce dernier point et en usant toujours d’une logique aussi obscure, le géant américain va même plus loin, en expliquant que son moteur de recherche réussit chaque année la prouesse de faire « économiser » pas moins de 117 heures de recherches sur la toile à chaque employé sud-coréen, et 6 jours par an à chaque habitant du pays. « Au-delà de ses contributions économiques aux entreprises et aux particuliers, Google apporte des avantages à la société dans son ensemble, en offrant des possibilités de formation numérique aux femmes entrepreneures, en soutenant les organisations locales à but non lucratif au service des communautés défavorisées et en protégeant l’environnement en Corée du Sud », revendique le géant américain.

Reste maintenant à savoir si l’opération séduction saura faire son chemin jusqu’aux oreilles des autorités coréennes, ce qui est loin d’être fait. Pour rappel, le gendarme sud-coréen de la concurrence a infligé ce mardi une amende de 207,4 milliards de wons (soit environ 150 millions d’euros) au géant américain, accusé d’abus de position dominante sur le marché des OS mobiles. Le régulateur coréen justifie cette décision en assurant que Google a effectivement empêché les fabricants de smartphones – comme les champions nationaux Samsung ou LG – de personnaliser le système d’exploitation Android.

Début septembre, les autorités sud-coréennes avaient également adopté un projet de loi obligeant Apple et Google à modifier le mode de fonctionnement des systèmes de paiement de leurs boutiques d’applications respectives. Au terme de cette nouvelle loi – qui doit encore être avalisée par le président sud-coréen – les deux groupes ne peuvent plus retarder indûment l’approbation des applications ou les supprimer de leur boutique d’application. Le projet de loi adopté par les autorités coréennes interdit également aux boutiques d’applications comme l’App Store ou le Play Store d’obliger les développeurs à utiliser leurs systèmes d’achats in-app. De quoi fragiliser le modèle développé par les deux géants américains sur le marché des applications mobiles.

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