Malgré les discours rassurants des autorités, la 5G continue à faire peur

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Malgré les discours rassurants des autorités, la 5G continue à faire peur

Les rumeurs ont la vie dure. Et notamment celles qui entourent la 5G, la future norme de télécommunications mobiles qui promet de multiplier les débits de nos appareils et de conduire l’industrie dans une nouvelle ère.

Alors que les opérateurs français devraient débuter le déploiement de leurs réseaux 5G à compter de l’été prochain, autant dire que les premiers pas de cette technologie chez nos voisins européens ne se fait pas sans mal alors que la nouvelle technologie fait l’objet d’une vaste campagne de désinformation la reliant à l’épidémie de Coronavirus qui sévit actuellement à l’échelle de la planète. C’est ainsi que de nombreux pylônes récemment déployés aux Pays-Bas ou au Royaume-Uni ont fait l’objet de dégradation au cours des derniers jours. Des actes de vandalisme accompagnés pour certains d’entre eux de slogans anti-5G peints à la bombe.

Si les autorités néerlandaises ont promis de tout mettre en oeuvre pour protéger ces sites après “divers incidents” enregistrés ces derniers jours, le phénomène reste inquiétant alors que nombre d’autorités sanitaires, à commencer par l’Anses et l’ANFR en France multiplient les études pour faire le point sur les dangers potentiels de cette technologie.

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Une dangerosité loin d’être établie

L’Autorité sanitaire doit en effet rendre un rapport final très attendu en 2021. Celui-ci, qui s’appuiera sur l’étude parallèle de deux bandes de fréquences aux modalités d’exposition très différentes, à savoir la bande 3,5 GHz et la bande 26GHz, devra établir la dangerosité ou non de la 5G.

En ce qui concerne la “bande-reine” de la 5G, à savoir la bande des 3,5 GHz, l’Anses affirme toutefois que “l’exposition à des fréquences de l’ordre de 3,5GHz est proche de l’exposition à des fréquences légèrement plus basses, par exemple 2,45GHz, telles que celles utilisées pour les communications Wi-Fi”.

D’autant que les dernières études menées par le gendarme sanitaire sur les bandes de 400MHz à 6GHz, “ne montraient pas d’effet sanitaire à court ou à long terme” et les “données épidémiologiques ne montraient pas non plus d’effets à court terme”, même si “des interrogations demeuraient quant aux effets à long terme”, comme le rappelle l’Anses.

L’ANFR se veut rassurante

De son côté, l’ANFR vient de publier ses premières mesures dans cette fameuse bande des 3,5 GHz à partir de 43 sites expérimentaux déjà déployés par les opérateurs français sur le territoire. Les résultats sont sans appel, comme le relève le gendarme des fréquences.

« Avant allumage des sites 5G il n’y avait pas d’émission dans cette bande de fréquence,et après allumage, en l’absence de trafic, le niveau moyen d’exposition dans la bande 5G s’établissait à 0,06V/m, avec un niveau maximal de 0,36 V/m », fait observer l’ANFR, qui rappelle que « ces niveaux se situent très au-dessous de la valeur limite réglementaire, fixée à 61 V/m dans cette bande de fréquences ».

En ce qui concerne les sites sur lesquels du trafic a été enregistré, là encore les données fournies par l’ANFR s’avèrent rassurantes. Sur le site expérimental de Toulouse mené par SFR et Huawei, le niveau d’exposition sans trafic de données a ainsi été évalué entre 0,1 et 0,2 V/m, puis à 0,8 V/m lors de l’envoi d’un fichier de 1 Go dans une certaine direction et enfin à 8,3 V/m lors d’une émission en continu, soit toujours très loin des valeurs limite réglementaires fixées à 61 V/m.

Les acteurs se mobilisent

Alors que ces conclusions doivent s’enrichir dans les mois à venir, suffiront-elles pour calmer l’angoisse suscitée par la 5G et ses effets supposés sur la santé ? Interrogé au début du mois de mars, le président de l’Arcep Sébastien Soriano mettait en garde contre une méconnaissance de la nouvelle technologie de télécommunications mobiles.

« Aujourd’hui, on a des gens qui sont chacun dans leur coin, il n’y a pas de dialogue, pas d’argumentation et pas d’objectivation de la question », regrettait ainsi le président du gendarme des télécoms, qui a récemment lancé une grande campagne de communication pour sensibiliser le grand public à cette 5G qui cristallise encore beaucoup de craintes.

A l’instar de l’Arcep, la Fédération française des télécoms, qui regroupe les opérateurs français, a également commencé à communiquer sur la dimension sanitaire de la 5G, via un document de travail publié fin février sur son site internet. Les opérateurs y annoncent avoir pris bonne note des réserves exprimées par l’ANSES dans son rapport préliminaire rendu fin janvier et se disent disponibles pour répondre aux demandes complémentaires d’information que pourrait leur adresser le gendarme sanitaire français. Reste à voir si la communication saura venir à bout des soupçons qui pèsent encore et toujours sur la 5G.

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