L’Europe du Sud affiche sa solidarité dans la crise migratoire et face à la Turquie – Le Monde

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Les dirigeants des sept pays européens de la Méditerranée (France, Italie, Espagne, Portugal, Grèce, Malte et Chypre) réunis à Bonifacio, Corse, le 10 septembre.

Ils étaient d’accord sur tout : les constats, les manques européens, les ambitions à porter. Réunis à Ajaccio pour la conférence Med-7, jeudi 10 septembre, les dirigeants des sept pays européens de la Méditerranée (France, Italie, Espagne, Portugal, Grèce, Malte et Chypre) ont affiché une entente non feinte sur les grands sujets du moment.

Le premier était la Turquie. Cette rencontre devait servir de préparation au Conseil européen des 24 et 25 septembre, qui sera essentiellement consacré aux relations orageuses avec Ankara. Le second, la crise migratoire, a rappelé tristement sa complexité et son ampleur, en raison de l’incendie du camp de réfugiés de Moria, en Grèce.

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La chancelière allemande, Angela Merkel, et le président français, Emmanuel Macron, ont décidé une nouvelle fois d’avancer ensemble, même si le résultat est surtout symbolique. Les deux dirigeants ont pris l’initiative d’accueillir 400 mineurs du camp, dans l’espoir que d’autres pays européens allaient suivre leur exemple.

« La France sera au rendez-vous de la solidarité concrète », a dit M. Macron, au cours d’une déclaration, entre la réunion de travail et le dîner. Comme les autres dirigeants, le président français a souligné la nécessité de développer, au niveau européen, une politique migratoire cohérente. « L’Europe doit passer des paroles de solidarité à une politique de solidarité, a résumé le premier ministre grec, Kyriakos Mitsotakis. Nous devons mettre la crise migratoire au cœur de nos priorités et de nos discussions. »

« Responsabilité partagée »

Dans son volet interne, il s’agit d’améliorer les procédures d’asile et de retour, de mieux prendre en compte les mineurs non accompagnés. Sur le plan externe, de revoir les relations avec les pays de transit comme la Tunisie, l’Algérie et le Maroc, de financer les garde-côtes libyens, et enfin de réanimer l’accord de 2016 avec la Turquie, pour une réadmission des migrants. Le principe de « responsabilité partagée » devra irriguer le nouveau Pacte européen sur la migration et l’asile, qui sera présenté prochainement par la Commission.

Face à la Turquie, les sept pays méditerranéens ont avancé en rang serré. Le communiqué final souligne la pleine solidarité des autres participants avec la Grèce et Chypre, directement concernés par les forages turcs dans leurs eaux. « Il faut jouer la carte de la désescalade », a souligné le premier ministre espagnol, Pedro Sanchez.

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Mais les Européens fixent des conditions, pour un rétablissement de ce dialogue constructif avec Ankara : le respect de l’embargo sur les armes à destination de la Libye, la délimitation des zones économiques exclusives par la négociation et le respect du droit international, le renvoi de la question des frontières maritimes avec Chypre devant la Cour internationale de justice. « Exigences, volonté de désescalade avec des principes simples et clairs que nous avons réaffirmés parce qu’aucun dialogue n’est possible s’il repose sur un abandon de souveraineté ou une faiblesse coupable », a résumé Emmanuel Macron.

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