Entre Macron et Poutine, cinq heures de discussions mais peu d’avancées concrètes – BFMTV

Emmanuel Macron se rend ce mardi en Ukraine pour s’entretenir avec le dirigeant Volodymyr Zelensky, au lendemain de l’échange avec son homologue russe à Moscou.

Amorcer un dialogue pour tenter de désamorcer la crise autour de l’Ukraine. Emmanuel Macron s’est rendu à Moscou lundi pour s’entretenir avec Vladimir Poutine. Une rencontre de 5 heures à la mise en scène soignée, qui s’est soldée par de maigres engagements du côté russe, assortis de menaces à peine voilées à l’égard des Occidentaux.

“Nous ferons tout pour trouver des compromis qui pourront satisfaire tout le monde”, a soutenu le dirigeant russe, assurant que ni lui ni le président de la République française ne voulaient d’une guerre entre la Russie et l’Otan qui “n’aurait pas de vainqueur”.

Néanmoins, “si l’Ukraine rejoignait l’Otan avec une reprise de la Crimée par des moyens militaires, les pays européens seraient automatiquement entraînés dans un conflit armé avec la Russie”, a aussi déclaré l’occupant du Kremlin, tout en niant une menace pour l’Ukraine.

Petits pas

Si Vladimir Poutine ne l’a pas déclaré publiquement, selon l’Élysée, la Russie s’est engagée à ne pas prendre de nouvelles initiatives militaires pour l’heure, sans toutefois évoquer ses projets concernant les dizaines de milliers de soldats russes massés aux frontières de l’Ukraine, laissant craindre une invasion du pays.

“Il y a le front biélorusse, c’est peut-être une avancée, ça ne s’est pas dit durant la conférence de presse mais ils se sont engagés tous les deux à ce qu’il n’y ait plus d’activité militaire du côté des Russes, ça fait quand même 30.000 soldats du côté de la frontière biélorusse”, a souligné l’éditorialiste politique internationale de BFMTV Patrick Sauce, ce mardi.

“Le président Poutine m’a assuré (…) de sa volonté de maintenir la stabilité et l’intégrité territoriale de l’Ukraine”, a déclaré Emmanuel Macron lors de la conférence de presse.

“Discussions nourries”

Des avancées encore minces, qui doivent être confirmées. “Les prochains jours seront déterminants et nécessitent évidemment des discussions nourries”, a aussi indiqué Emmanuel Macron, qui n’enregistre donc pas pour l’heure une victoire diplomatique.

“On le saura sans doute dans quelques jours ou quelques semaines”, selon Patrick Sauce, concernant le succès du président français dans le dossier ukrainien.

Pour l’éditorialiste toutefois, le discours de Vladimir Poutine sur l’Otan était saisissant, marquant “sa haine de l’alliance Atlantique. Il voit les Américains, mais il voit surtout tout ce qui vient de l’Ouest comme une menace, c’est là qu’on revient à cette idée de Guerre froide, et de retour en arrière il y a trente ans”, estime Patrick Sauce.

Macron en Ukraine

Au lendemain de son déplacement à Moscou, Emmanuel Macron sera ce mardi matin à Kiev, où il doit s’entretenir avec le président Volodymyr Zelensky. Une conférence de presse doit être donnée à 13 heures. Le locataire de l’Élysée se rendra ensuite à Berlin pour échanger avec le chancelier allemand Olaf Scholz.

La semaine passée, Emmanuel Macron avait notamment conditionné l’annonce de sa candidature à sa réélection à la désescalade des crises épidémique et géopolitique actuelles.

“Je ne peux pas raisonnablement expliquer aux Français que je vais m’adonner à ce temps démocratique important, alors que je leur ai dit que je serai président jusqu’au bout et que nous avons une crise à la frontière ukrainienne qui menace notre sécurité collective”, avait conditionné le chef de l’État. Sur le front du Covid-19 comme de l’Europe de l’Est, la désescalade se fait encore attendre.

Clarisse Martin et Mathieu Coache avec AFP

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