Enlèvement de Mia: le grand-père félicite la mère d’avoir enlevé l’enfant – La Voix du Nord

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Un rapt d’enfant ou « un geste d’amour » ? La petite Mia (8 ans), enlevée mardi dans les Vosges, est toujours introuvable. Et pour son grand-père, si c’est bien Lola, la mère de l’enfant, qui a planifié cet acte, il le comprend tout à fait. « C’est bien ce que tu as fait, tu as protégé ta fille », a lancé Claude Montemaggi, dans une interview à Vosges FM, dont une partie est adressée à sa fille Lola.

Depuis l’enlèvement de l’enfant, il regrette ce qu’il qualifie de « déballage médiatique de la part de l’Etat ». « C’est une affaire d’abus de placement par l’Aide sociale à l’enfance (ASE), on n’avait pas à retirer la garde de sa fille à ma fille. C’est injuste », assure-t-il. Selon lui « l’Etat doit balayer devant sa porte », parce que ce n’est pas sa fille mais « l’ASE qui rapte les enfants et qui abuse de son pouvoir ».

« Elle s’est bien débrouillée »

S’il convient que « partir sans laisser d’adresse, c’est extrême », il estime que sa fille « s’est bien débrouillée parce qu’on ne s’attendait pas à ça ». La mère n’avait plus le droit de voir sa fille seule. Elle avait « adopté devant le juge des enfants, le 11 janvier, une posture préoccupante », se disant « malade, ne pas souhaiter que l’on s’immisce dans sa vie ni dans celle de sa fille en arguant une position de rejet de la vie en société », selon le procureur.

Elle n’avait répondu à aucune convocation judiciaire depuis lors et tenu des « propos suicidaires » devant Mia. Fin décembre, Lola Montemaggi avait dit avoir « pour projet de partir en camping-car avec sa fille dans le but de passer, je la cite, ‘en dessous des radars de la société’ », a complété le procureur.

Dans cette affaire, quatre hommes, dont les trois ravisseurs présumés, ont été placés en garde à vue, a indiqué vendredi le procureur de la République d’Epinal Nicolas Heitz lors d’une conférence.

Leur garde à vue a été prolongée de 24 heures et pourrait l’être encore de 48 heures supplémentaires, soit jusqu’à dimanche. Au cours de leur audition, les suspects ont déclaré avoir agi à la demande de la mère qui voulait récupérer sa fille de 8 ans dont elle n’avait plus la garde, a expliqué Nicolas Heitz. « Lola Montemaggi les sollicitait via internet pour récupérer sa fille dont elle s’estimait injustement séparée dans le but de partir à l’étranger », a précisé le magistrat qui avait déclenché mardi soir le dispositif Alerte enlèvement.

Mia enlevée par des membres de la mouvance survivaliste

« Leurs auditions sont globalement concordantes », a-t-il ajouté, précisant que l’un d’entre eux n’avait pas voulu s’exprimer. Les trois autres ont revendiqué une action qualifiée « d’extraction et d’exfiltration ». Âgés de 23 à 60 ans et sans antécédents judiciaires, ces quatre hommes ont été arrêtés à Paris, en Seine-et-Marne, aux Lilas (Seine-Saint-Denis) et en Meurthe-et-Moselle.

Le « script d’un discours à tenir devant la grand-mère de Mia pour se faire passer pour un éducateur » de la Protection judiciaire de la jeunesse a été découvert chez celui interpellé à Paris. Cet homme de 58 ans s’est décrit devant les enquêteurs comme une « personne dissidente » et « résistante à la barbarie de ce système », « fier » de ce qu’il avait fait « à la manière d’Arsène Lupin », selon le procureur.

Mia et sa mère déjà à l’étranger ?

Chez le suspect de 23 ans, « des éléments susceptibles d’entrer dans la composition d’explosifs étaient découverts », a indiqué M. Heitz. Ce volet de l’enquête est entre les mains du parquet national anti-terroriste (Pnat). Au cours de sa garde à vue, le suspect a affirmé avoir agi « dans le but de sauver la vie de l’enfant » même s’il a admis avoir « peut-être été manipulé ». Une enquête préliminaire confiée au Pnat et visant ces quatre personnes avait déjà été ouverte récemment pour « association de malfaiteurs terroriste », selon une source judiciaire. Selon une autre source, leur profil «s’apparente à la mouvance survivaliste».

Compte tenu des investigations déjà réalisées et la proximité des Vosges avec l’Allemagne, la Suisse et la Belgique, « il n’est pas à exclure que (Mia et sa mère) aient pu quitter le territoire national », a prévenu le procureur. « Des diffusions internationales ont été réalisées pour faciliter leur localisation et leur appréhension », a-t-il indiqué.

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