Covid-19: l’exécutif durcit les règles pour rassurer les Français – Le Figaro

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L’exécutif cherche le bon dosage. En cette rentrée marquée par la persistance du virus Covid-19 et la crainte d’une deuxième vague, le gouvernement doit d’un côté prendre des mesures contraignantes pour lutter contre l’épidémie et de l’autre inciter les Français à reprendre une vie normale, pour éviter de gripper davantage l’économie. «Il y a un sentiment d’inquiétude, nous ne sommes pas là pour faire peur, mais il faut partager la réalité», résume un ministre. Prévenir, durcir certaines règles, tout en rassurant…

«Partout en Europe il y a une reprise de l’épidémie. Il n’y a pas de quoi s’affoler, on n’est pas revenus à la situation du mois d’avril mais, malgré tout, il y avait 1000 cas par jour il y a quelques semaines, nous sommes désormais à 3000 (…). Il y a quelque chose qui se passe», a expliqué mercredi matin le premier ministre, tout en nuances, au micro de France Inter. «Le pire de tout, c’est que l’on s’enfonce, parce que l’on ne reprend pas l’activité, dans une crise économique et sociale qui serait – les Français le sentent bien – beaucoup plus dangereuse que la crise sanitaire», a mis en garde Jean Castex. Pour pouvoir «vivre avec le virus», il a donc appelé les Français à «l’esprit de responsabilité».

Le protocole pour les entreprises sera prêt au mieux en fin de semaine, au plus tard lundi

Un membre de l’exécutif

Conscient des dégâts provoqués par le confinement généralisé, le gouvernement veut à tout prix éviter de remettre une nouvelle fois le pays sous cloche. Jean Castex a donc invité à reprendre le chemin du travail, de l’école, mais aussi à retrouver une vie sociale et culturelle, «tout en se protégeant».

Le ministre de l’Éducation, Jean-Michel Blanquer, a de son côté précisé, l’après-midi, le protocole sanitaire pour la rentrée scolaire. Tous les adultes, de la maternelle au lycée, devront porter le masque à l’école. La ministre du Travail, Élisabeth Borne, finalise les règles – et surtout les exceptions – concernant les entreprises. «Le protocole sera prêt au mieux en fin de semaine, au plus tard lundi», soit la veille de l’entrée en vigueur du port obligatoire du masque en entreprise, fait savoir un membre de l’exécutif. Autour de la table de la salle des fêtes de l’Élysée, mercredi matin, tous les ministres, espacés d’un mètre les uns des autres, avaient d’ailleurs masqué leur visage, tout comme le président de la République. Les ministres délégués et les secrétaires d’État, quant à eux, participaient aux échanges par visioconférence.

Durcir les règles à Paris

Depuis mardi soir, le port du masque obligatoire a été généralisé à Marseille, ainsi que la fermeture des bars et restaurants à 23 heures. «Nous assumons de territorialiser le plus possible les mesures,tranche Gabriel Attal, porte-parole du gouvernement. Si les mêmes règles s’appliquaient partout alors que la circulation du virus varie selon les territoires, comment attendre des Français qu’ils les considèrent comme légitimes?»

Le même type de mesures pourrait être adopté d’ici à la fin de la semaine à Paris, où le virus circule activement. La mairie et la préfecture discutent de l’opportunité de durcir les règles. Jusqu’ici, l’obligation de porter le masque est circonscrite à certaines zones de la capitale. Emmanuel Macron a indiqué en Conseil des ministres avoir lui-même fait l’expérience de l’illisibilité de cette doctrine. «Le président a demandé de la lisibilité et de la confiance, et a reconnu qu’il était parfois dur de s’y retrouver», confie un ministre.

D’ici à la présentation du plan de relance, reportée au jeudi 3 septembre, l’exécutif va redoubler d’efforts pour tenter de familiariser les Français avec les nouvelles recommandations. Alors que les analyses des scientifiques sont parfois contradictoires, le premier ministre Jean Castex a décidé de renouer avec les conférences de presse pédagogiques initiées par son prédécesseur Édouard Philippe, pendant le confinement. Jeudi matin, le chef du gouvernement sera aux côtés des ministres Olivier Véran et Jean-Michel Blanquer pour faire un point détaillé de la situation. Le ministre de la Santé se rendra ensuite à Marseille. «Il y a toutefois un risque d’antagonisation, entre ceux qui considèrent qu’on en fait trop et ceux qui pensent qu’on n’en fait pas assez, met en garde un ministre. Le pire serait de mécontenter les deux côtés.»

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