Covid-19 : les personnes infectées développent une immunité robuste et durable – Le Monde

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L’immunité face au SARS-CoV-2 de la plupart des personnes infectées dure au moins un an et pourrait persister plusieurs années. Mieux encore : après une seule injection de vaccin, ces personnes semblent développer une immunité extrêmement robuste, capable de résister aux nouveaux variants. C’est ce que démontrent des publications consacrées à la réponse immunitaire face à une infection naturelle au Covid-19, parues en mai dans des revues ou en prépublication (avant relecture par les pairs). Des résultats très encourageants, alors que beaucoup de pays profitent de l’accalmie de l’été pour accélérer la vaccination de leur population et tenter de reprendre le contrôle de l’épidémie.

Tout d’abord, plusieurs études démontrent que la présence d’anticorps persiste dans l’organisme, alors que de premiers résultats soulignaient une forte décroissance au bout de quelques mois. Ces protéines sécrétées par l’organisme pour identifier et neutraliser le virus sont détectables chez les personnes infectées jusqu’à treize mois après la rencontre avec le Covid-19, affirme l’équipe de Samira Fafi-Kremer, directrice de l’institut de virologie de Strasbourg, qui a mené une étude sur les personnels de santé du CHU de la ville, publiée en preprint le 15 mai. Les anticorps seraient fabriqués en nombre tant que le pathogène est présent dans l’organisme, avant de rapidement diminuer dans les sept mois suivant l’infection, pour finalement se stabiliser à un niveau plus bas mais constant.

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« On savait que les taux d’anticorps ne restent jamais très hauts dans le sang, mais comme c’est un virus respiratoire et qu’on ne suit pas en général leur sérologie dans le temps, personne n’osait trop s’avancer sur le sujet, explique Samira Fafi-Kremer. Là, on observe finalement que les anticorps restent stables de manière persistante et c’est une très bonne nouvelle. » En effet, si le corps conservait sur le long terme les niveaux d’anticorps produits lors de ses infections successives, le sang se transformerait rapidement en une épaisse bouillie.

Lymphocytes B « mémoires »

Cette cinétique des anticorps en deux phases – décroissance puis stabilisation – signale une transition entre deux types de cellules sécrétant ces protéines : les plasmablastes, ayant une vie courte, cèdent le pas « à une population plus petite mais plus persistante de cellules à longue durée de vie, générées plus tard dans la réponse immunitaire », écrivent les chercheurs de l’équipe américaine d’Ali H. Ellebedy dans une étude publiée dans la revue Nature le 24 mai.

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