Covid-19 : le gouvernement veut décrédibiliser les « antivax » – Le Monde

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Manifestation à Nantes, le 17 juillet 2021, contre le passe sanitaire et l’obligation vaccinale pour le personnel soignant.

Valoriser les uns pour mieux discréditer les autres. A chacun son message. Alors qu’il prenait soin de ne pas stigmatiser les Français réticents à l’égard de la vaccination, lors du démarrage de la campagne de vaccination au début de l’année, l’exécutif assume désormais de cibler ouvertement les antivaccins. « La liberté, ce n’est pas refuser un vaccin » qui « protège », « ni se soustraire aux impôts » ou « rouler à contresens sur l’autoroute », a tonné le ministre de la santé, Olivier Véran, le 21 juillet, à l’Assemblée nationale, en ouvrant les débats sur le projet de loi qui doit étendre le passe sanitaire et impose la vaccination aux soignants.

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Après avoir fait montre de persuasion et donné la possibilité à l’ensemble de la population de se faire vacciner ces dernières semaines, il n’est plus question de se montrer compréhensif, ni de faire preuve de mansuétude. Confronté à la reprise de l’épidémie de Covid-19 sous l’effet du variant Delta, le gouvernement assume désormais un discours de fermeté à l’égard des « antivax ».

« Nous ne céderons pas à la dictature des images choquantes, des slogans outranciers et des raccourcis honteux », a lancé le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal, le 19 juillet, à l’issue du conseil des ministres, en référence aux thèses complotistes développées dans les rangs des « covidosceptiques », qui minimisent l’épidémie sur les réseaux sociaux et mettent en doute la fiabilité des vaccins, en versant dans la désinformation.

Message de fermeté

Dénonçant la mise en place d’une supposée « dictature », certains éléments hostiles à l’extension du passe sanitaire et à l’obligation vaccinale vont même jusqu’à comparer leur sort à celui des juifs pendant la seconde guerre mondiale. Et, pour les plus radicaux, à utiliser la violence. Plusieurs centres de vaccination ont été dégradés, ces derniers jours, dans le pays. Mercredi, des manifestants se sont introduits par la force dans la mairie de Chambéry, en Savoie, pour y décrocher symboliquement le portrait du président de la République.

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Après les manifestations qui ont rassemblé près de 114 000 personnes le 17 juillet dans toute la France, de nouveaux rassemblements sont prévus samedi 24 juillet, notamment place du Trocadéro, à Paris, avec les mots d’ordre : « Pour la liberté, contre la tyrannie ». En amont, le premier ministre, Jean Castex, a envoyé un message de fermeté aux « antivax » les plus radicaux. « Nous serons intraitables avec ceux qui (…) en viennent à des actes de violence », « font allusion à l’étoile jaune ou à la Shoah, s’en prennent à des permanences parlementaires, mettent le feu à des centres de vaccination », a-t-il mis en garde mercredi sur TF1.

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