Covid-19 : avec la création d’un « passe vaccinal », le gouvernement met la pression sur les non-vaccinés – Le Monde

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Jean Castex donne une conférence de presse sur la situation de la pandémie de Covid-19,  à Paris, le 17 décembre 2021.

Le dispositif pour contraindre les personnes non vaccinées contre le Covid-19 à se résoudre à la piqûre se durcit. Le passe sanitaire va devenir, début 2022, un « passe vaccinal », a annoncé le premier ministre, Jean Castex, vendredi 17 décembre, à l’issue d’un conseil de défense sanitaire, précisant qu’un projet de loi en ce sens serait soumis au Parlement début janvier 2022. Une concertation préalable sur ce projet législatif et sur « toute autre disposition utile pour étendre au maximum la vaccination » doit débuter la semaine prochaine.

La mesure a été prise alors que le pays est sous le coup d’une cinquième vague d’ampleur et que la menace d’une progression du variant Omicron, fortement transmissible, se précise. En instaurant un passe vaccinal, le gouvernement n’est pas allé jusqu’à l’obligation vaccinale, qu’Emmanuel Macron s’était engagé à ne pas instaurer, mais il s’en rapproche fortement.

Une fois le texte de loi voté, seules les personnes vaccinées pourront accéder à des lieux de loisirs, de culture, ou aux restaurants. Un simple test négatif ne le permettra plus. Depuis le 29 novembre, la durée de validité de ces tests avait été ramenée de 72 à 24 heures. Depuis le 15 octobre, il avait été mis fin à la gratuité des tests pour les personnes non vaccinées.

« Cela entérine une obligation vaccinale »

« Il n’est pas admissible que le refus de quelques millions de Français de se faire vacciner mette en risque la vie de tout un pays et entame le quotidien d’une immense majorité de Français qui a joué le jeu depuis le début de cette crise », a défendu le premier ministre. « Nous assumons de faire peser la contrainte sur les non-vaccinés, car les services de soins critiques et de réanimation de nos hôpitaux sont remplis, pour l’essentiel, de personnes non vaccinées », a-t-il ajouté, alors que près de 3 000 patients atteints du Covid-19 se trouvaient en soins critiques vendredi.

« Le gouvernement a peur d’employer le mot, mais cela entérine une obligation vaccinale », salue Yves Buisson, membre de l’Académie de médecine, qui s’est prononcée de longue date en faveur de cette mesure. En revanche, le professeur interroge déjà le périmètre du futur passe : « Pour l’instant, son champ est insuffisant, cela doit concerner tous les lieux de regroupements, le travail, l’école, l’université… juge-t-il. Sinon, l’impact risque d’être limité au niveau épidémiologique. »

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Selon les derniers chiffres de la Direction générale de la santé en date du 12 décembre, 5,7 millions de personnes éligibles à la vaccination n’ont reçu aucune dose, quand plus de 90 % de la population éligible est vaccinée d’au moins une injection. Chez les plus de 65 ans, plus d’un million de personnes restent non vaccinées.

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