Coronavirus : la première rentrée compliquée de Jean Castex, confronté à la reprise de l’épidémie – Le Monde

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Olivier Véran et Jean-Castex, lors d’une conférence de presse sur la situation épidémique à Matignon à Paris, le 27 août.

Alerter et rassurer. Pour sa première conférence de presse à Matignon depuis sa nomination, consacrée aux moyens d’endiguer la reprise de l’épidémie de Covid-19, Jean Castex s’est attaché, jeudi 27 août, à tenir la ligne de crête définie depuis plusieurs semaines par le gouvernement. Oui, « le virus progresse sur tout le territoire » et « la croissance de l’épidémie peut être exponentielle si on ne réagit pas rapidement », mais non, « nous ne sommes pas dans une situation grave » et « affoler les gens n’est pas utile », a indiqué le premier ministre, faisant sien le « en même temps » d’Emmanuel Macron.

Désireux d’éviter un reconfinement généralisé, qui serait « très douloureux », Jean Castex a annoncé plusieurs mesures pour juguler le rebond de l’épidémie. Le chef du gouvernement a d’abord placé vingt et un départements en « zone rouge », avec consigne d’y prendre des mesures plus contraignantes. « Dans les vingt et un départements où le virus circule activement, les préfets disposent de pouvoirs renforcés (…) et sont invités, après concertation avec les maires, à généraliser le port du masque dans l’espace public, au moins dans les grandes agglomérations et dans les grandes villes », a-t-il déclaré. Paris et les villes de sa petite couronne ont annoncé, dans la foulée de la conférence gouvernementale, que le port du masque sera obligatoire dans leurs rues, comme à Marseille.

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Alors que la rentrée scolaire reste prévue le 1er septembre, le premier ministre a également tenté de rassurer les parents, en affirmant que celle-ci a été « préparée avec soin ». Après les collèges et les lycées, le port du masque sera obligatoire dans l’enseignement supérieur, ainsi que pour les adultes dans les écoles maternelles. « Tout le monde doit apporter sa contribution » à la lutte contre le virus, a martelé le premier ministre.

La capacité de dépistage sera aussi portée à un million de tests par semaine en septembre, contre 830 000 actuellement, a promis le ministre de la santé Olivier Véran, qui participait à la conférence avec son collègue de l’éducation nationale, Jean-Michel Blanquer.

Frénésie de communication

Le premier ministre n’a pas le doit à l’erreur. Arrivé à Matignon dans une relative indifférence, pour remplacer un Edouard Philippe au sommet de sa popularité, Jean Castex reste un inconnu pour la plupart des Français.

Cet été, l’ex-maire de Prades (Pyrénées-Orientales) a fait le tour de la France, moyen de prendre le pouls des « territoires » qu’il affectionne, mais aussi de le faire apparaître régulièrement sur les écrans des télévisions, et s’immiscer ainsi dans les foyers de l’Hexagone. Un jour à Nantes, le lendemain à Besançon, à Nice, à Dijon, à Roubaix, à Bourg-en-Bresse, à Montpellier, et même à Cayenne (Guyane), le locataire de Matignon a effectué pas moins de vingt-cinq déplacements depuis sa nomination le 3 juillet, une gageure.

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