Coronavirus : « Il y a une cocotte-minute en Chine » – Le Monde

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Responsable de l’unité d’épidémiologie des maladies émergentes à l’Institut Pasteur, et professeur au Conservatoire national des arts et métiers, Arnaud Fontanet évoque la récente survenue en Chine d’une épidémie de coronavirus et les moyens mis en œuvre pour l’endiguer. Il estime que « les autorités chinoises font face à une crise sanitaire très complexe ».

Pour lutter contre l’épidémie de coronavirus, les autorités chinoises ont étendu les mesures de quarantaine à quelque vingt millions de personnes. Cela n’avait pas été le cas lors du précédent épisode du SRAS en Chine en 2003.

Un policier prend la température des automobilistes, à Wuhan, le 24 janvier.

Un policier prend la température des automobilistes, à Wuhan, le 24 janvier. STR / AFP

Cette mesure n’avait en effet pas été prise lors de l’épidémie de 2003, l’épisode le plus récent et comparable que l’on ait. Ce qui avait alors été préconisé, c’était des mesures ciblées, comme la fermeture des lieux publics – restaurants, bars… – et l’annulation d’évènements comme des conférences ou des concerts… Les autorités avaient aussi organisé des mises en quarantaine dans les hôpitaux. Des universités avaient également été fermées.

Lors du pic d’avril 2003, avec une centaine de nouveaux cas par jour, il y avait eu aussi des coupures de route spontanées par des habitants à l’extérieur de Pékin. Ils avaient aussi construit, dans l’urgence, deux hôpitaux, ce qu’ils font d’ailleurs à Wuhan avec le chantier d’un nouvel hôpital. Mais ils n’avaient pas fermé de villes à ma connaissance.

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Cette mesure est-elle suffisante ?

Dans un pays comme la Chine, les autorités ont les moyens de bloquer les transports publics, trains, avions, bus… On peut imaginer que certains voudront partir en voiture, et tout dépendra de l’attitude des autorités qui ont demandé aux résidents de rester chez eux.

D’un point de vue mécanique, la limitation des déplacements a un impact immédiat sur la propagation de l’épidémie. Mais tout dépendra de l’existence ou non de foyers importants dans d’autres villes, ce qui affaiblirait considérablement l’impact de cette mesure. Il semble que ce soit le cas à Pékin et à Canton.

Que faut-il faire alors ?

Ce qui a fonctionné lors de la période critique du SRAS en avril 2003, c’était une combinaison de mesures restrictives.

D’une part, demander aux gens de rester chez eux, fermer les lieux publics, par ailleurs déserts, et organiser la prise en charge la plus précoce possible des malades et leur mise à l’isolement. Il faut informer les populations afin que les personnes fébriles se déclarent et puissent, si nécessaire, être mises à l’isolement.

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