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Brexit : Boris Johnson contraint de demander un report à Bruxelles – Le Monde

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Le plan du premier ministre britannique pour adopter l’accord conclu avec l’UE a été contrarié par les députés. Mais M. Johnson reste déterminé à faire voter ce texte dans les prochains jours.

Le Monde avec AFP Publié aujourd’hui à 19h10, mis à jour à 20h15

Temps de Lecture 2 min.

Réunis samedi 19 octobre les députés de la Chambre des communes ont infligé un nouveau revers à Boris Johnson.

Le vote tant attendu à propos de l’accord trouvé mercredi par Boris Johnson et l’Union européenne (UE) n’a finalement pas eu lieu. Réunis samedi 19 octobre, les députés de la Chambre des communes ont infligé un revers au premier ministre britannique. « BoJo » a en effet été contrarié par un député issu de son propre camp, Oliver Letwin, qui a fait adopter – à 322 voix pour, 306 contre – un amendement qui complique singulièrement ses plans.

Lire aussi Oliver Letwin, l’homme à l’origine de l’amendement qui a perturbé le plan de Boris Johnson

Cet amendement contraint Boris Johnson à demander un report du Brexit le temps que soit adoptée toute la législation nécessaire à la mise en œuvre de l’accord qu’il a décroché à Bruxelles.

  • Quelles réactions cela a-t-il suscité ?

Après l’annonce du vote, Boris Johnson a réagi en rappelant sa détermination à sortir son pays de l’UE coûte que coûte le 31 octobre, assurant ne pas vouloir « négocier de report » avec les 27. Il a regretté que le vote historique qui était prévu samedi sur son accord de divorce avec Bruxelles soit désormais « vidé de son sens ».

La Commission européenne a « pris acte » samedi du vote des députés britanniques et intimé au gouvernement de Boris Johnson de lui donner la marche à suivre « dès que possible ». « Il appartiendra au gouvernement britannique de nous informer sur les prochaines étapes », a réagi dans un tweet Mina Andreeva, porte-parole de l’exécutif européen.

De son côté, Emmanuel Macron a demandé à Boris Johnson une clarification rapide sur l’accord sur le Brexit entre l’Union européenne et le Royaume-Uni. L’Elysée a déclaré qu’un « délai supplémentaire n’est dans l’intérêt de personne ». « Un accord a été négocié, il appartient désormais au Parlement britannique de dire s’il l’approuve ou le rejette. Il faut un vote sur le fond », a rappelé la présidence française.

  • Et maintenant, que va-t-il se passer ?

Le premier ministre britannique doit maintenant se conformer au « Benn Act », cette loi votée contre son gré par une majorité de parlementaires « remainers » (anti-Brexit) début septembre.

Cela signifie que légalement, il doit chercher à obtenir du Conseil européen une extension de l’article 50 [période de négociation du Brexit] […], en envoyant au président du Conseil européen une lettre réclamant cette extension, avant 23 heures samedi 19 octobre (minuit heure de Bruxelles).

Le premier ministre enverra t-il cette lettre ? Lors de sa courte et très ferme prise de parole, samedi après-midi, dans la foulée du vote, il a juste dit : « Je ne négocierai pas de délai ».

  • Et si Boris Johnson n’envoyait pas de lettre ce soir, réclamant un report du Brexit au 31 janvier 2020 ?

Ce scénario semble peu probable, le premier ministre ayant produit une déclaration écrite devant la Haute cour écossaise disant qu’il respecterait le « Benn Act ». Mais à force de dire que le Brexit « aura lieu le 31 octobre », il a semé le doute dans l’esprit de nombreux politiques et commentateurs. S’il n’envoyait pas la lettre avant 23 heures, il se trouverait en tout cas en violation de la loi britannique.

Aussi, John Bercow, le président de la chambre des communes a fait savoir samedi en fin de journée qu’il pourrait sur ordre d’un juge ou sur instruction des députés, rédiger la lettre lui-même.

  • Où en est le camp du « Remain » ?

Pour ceux qui espèrent un nouveau référendum, l’amendement Letwin apporte un gain de temps bienvenu. Alors que les députés étaient réunis, des centaines de milliers de personnes défilaient dans les rues de Londres, s’accrochant à un dernier espoir d’organiser un deuxième référendum. Il y avait sans doute un peu moins de monde que le million de personnes de mars 2019, mais c’est impossible à confirmer avec certitude, en l’absence de comptage officiel. Cette mobilisation semblait toutefois celle du dernier espoir.

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