Allemagne : les Verts et les libéraux veulent former une coalition avec les sociaux-démocrates – Le Monde

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La coprésidente des Verts allemands, Annalena Baerbock.

Une coalition « feu tricolore » pourrait voir le jour outre-Rhin, même si aucun accord n’est ficelé dans l’immédiat. Les Verts et les libéraux-démocrates du FDP ont annoncé mercredi 6 octobre vouloir s’allier aux sociaux-démocrates du SPD, arrivés en tête aux élections législatives du 26 septembre.

« Les citoyens et citoyennes nous ont donné un mandat pour mettre sur pied un gouvernement ensemble », a déclaré Olaf Scholz, le chef de file du SPD, à Berlin. Les écologistes, le FDP et son parti sont convenus de se réunir jeudi afin d’entamer des discussions préliminaires en vue d’une alliance.

Les Verts prêts à une coalition avec le SPD et le FDP

« Nous sommes arrivés à la conclusion qu’il est désormais logique de continuer à discuter avec le SPD et le FDP, avec une recherche plus approfondie d’un terrain d’entente », a expliqué dans la matinée, lors d’une conférence de presse, la coprésidente des Verts, Annalena Baerbock. Les écologistes écartent ainsi une éventuelle coalition avec les chrétiens-démocrates de la CDU-CSU, arrivés deuxièmes aux élections. Troisièmes du scrutin quant à eux, les Verts sont en position de faiseurs de chancelier.

« Le pays ne peut pas se permettre un long immobilisme » en attendant la formation d’une coalition, a notamment expliqué la dirigeante écologiste, en référence aux mois de pourparlers qui avaient paralysé l’Allemagne et l’Union européenne à l’issue du précédent scrutin, en 2017. « Nous proposons maintenant au FDP de continuer à discuter avec le SPD et les Verts » pour former une coalition dite « feu de signalisation », a déclaré Mme Baerbock, ajoutant : « Notre intérêt est de faire avancer les choses rapidement. »

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« Grandes intersections concevables »

« Les discussions de ces dernières semaines ont montré que les plus grandes intersections en matière de contenu sont concevables dans ce schéma (avec le SPD et le FDP), notamment dans le domaine de la politique sociale », a de son côté expliqué l’autre coprésident des Verts, Robert Habeck. « Le biscuit est cependant loin d’être mangé », a-t-il toutefois tempéré.

« Je viens de proposer à [Olaf Scholz, le candidat du SPD], en accord avec les Verts, de nous rencontrer demain pour une discussion entre nous trois, et cela aura lieu », a annoncé dans la foulée le président du FDP, Christian Lindner, lors d’une conférence de presse. Le FDP avait déjà déclaré, dimanche, que ses premières discussions avec le SPD avaient été constructives.

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Armin Laschet encore en embuscade

La CDU-CSU, menée par Armin Laschet, n’a, elle, pas renoncé à tenter de former une coalition dite « jamaïcaine » avec Verts et libéraux. « Nous respectons le fait qu’il va y avoir désormais des discussions entre le FDP, les Verts et le SPD », a déclaré, mercredi, M. Laschet, tout en ajoutant que les conservateurs, arrivés en deuxième position aux élections législatives, étaient « encore prêts » à mener eux aussi des discussions en vue de former un gouvernement.

Le chef de la CSU, parti bavarois allié de la CDU, Markus Söder, a quant à lui estimé que cette décision était « un clair rejet de la coalition jamaïcaine », jugeant que s’ouvrait pour les conservateurs « une période à laquelle il [fallait se] préparer », où ces derniers pourraient passer dans l’opposition.

Les dirigeants conservateurs se sont entretenus avec les libéraux dimanche, puis les Verts mardi, pour essayer de les convaincre de bâtir cet attelage, le seul à même de leur permettre de conserver la chancellerie après seize années d’ère Merkel. Leurs échanges avec les écologistes ont fuité mardi soir dans la presse, ce qui a ulcéré ces derniers. « La confiance signifie aussi que tout n’est pas publié dans les journaux » immédiatement, a fait valoir mercredi Mme Baerbock.

En tout cas, une coalition à trois partis serait une première en Allemagne depuis 1950. « Les électeurs ont été très clairs », avait déclaré M. Scholz en annonçant son intention de constituer une majorité avec les Verts (14,8 %) et le FDP (11,5 %). Avant même que M. Scholz ne leur tende officiellement la main, les dirigeants de ces deux formations avaient fait savoir qu’ils étaient prêts à discuter ensemble.

Le Monde avec AFP et Reuters

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