Affaire Sarah Halimi: plus de 20.000 manifestants à Paris selon la préfecture de police – BFMTV

Spread the love

Dans la capitale, les manifestants se sont retrouvés place du Trocadéro pour contester l’absence de procès après le meurtre de la sexagénaire juive en avril 2017.

Plusieurs milliers de personnes se sont rassemblées ce dimanche en France et notamment à Paris, à l’appel de collectifs citoyens et de représentants de la communauté juive, pour contester l’absence de procès après le meurtre de Sarah Halimi en 2017.

À Paris, ils étaient plus de 20.000 à s’être rassemblés, selon la préfecture de police. 6190 manifestants se sont réunis ailleurs en France, a indiqué le ministère de l’Intérieur à BFMTV. 14 rassemblements étaient organisés dans le reste de la France.

Environ 500 personnes se sont rassemblées devant l’ambassade de France à Tel Aviv, a indiqué cette même source, et environ 150 devant l’ambassade de France à Londres.

Sous le mot d’ordre “Sans justice pas de République”, les manifestants parisiens se sont retrouvés place du Trocadéro à l’initiative d’un collectif, “Agissons pour Sarah Halimi”.

Les messages “Pas de droit sans justice”, “Justice défoncée?” ou “Justice pour Sarah Halimi” étaient écrits sur des pancartes brandies dans la foule.

“La clameur est montée et l’espoir est revenu. L’espoir, c’est vous ici”, a lancé à la tribune le frère de Sarah Halimi (ou Lucie Attal), William Attal.

De nombreuses personnalités présentes

Des personnalités dont Yvan Attal, Pascal Légitimus, Alexandre Arcady et Cyril Hanouna ont témoigné leur “solidarité” envers la famille Halimi et appelé à “changer la loi”, via des messages diffusés sur un écran géant. Haïm Korsia, le grand rabbin de France, était présent. “Il faut que la loi soit adaptée”, a-t-il défendu au micro de BFMTV. “La France est dans la rue aujourd’hui pour dire non à ce déni de justice”, a exprimé Francis Kalifat, président du Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF) sur BFMTV.

Des représentants religieux, notamment catholiques et musulmans étaient présents. “Il faut que la justice soit ferme pour que Sarah Halimi repose en paix”, a estimé à notre micro l’imam de Drancy Hassen Chalghoumi.

“Quand le droit marche sur la tête, on ne peut plus avoir confiance dans la justice”, a fustigé sur BFMTV l’écrivain et philosophe Bernard-Henri Lévy. Le philosophe Raphaël Enthoven était également présent au rassemblement parisien.

Au sein de la classe politique, l’ancien ministre de l’Intérieur, désormais président du groupe La République en marche à l’Assemblée nationale Christophe Castaner était présent place du Trocadéro, ainsi que la maire de Paris Anne Hidalgo, qui a annoncé qu’une rue de Paris porterait le nom de Sarah Halimi. “Ce crime doit être jugé” et “justice doit être faite pour Sarah Halimi”, a estimé à notre antenne l’édile socialiste, dénonçant la “peste, le fléau de l’antisémitisme”.

La présidente de la région Île-de-France Valérie Pécresse était également présente. “Nous lui rendrons justice”, a déclaré l’ex-membre des Républicains.

L’ancien ministre de l’Éducation nationale Luc Ferry et le député de l’Essonne et président de Debout la France Nicolas Dupont-Aignan étaient présents eux aussi.

“Je suis là en tant qu’être humain pour apporter ma solidarité à la famille, et mon mari est là à travers moi”, a exprimé au micro de BFMTV Carla Bruni sur la place du Trocadéro.

Vers un changement de la loi

Peu avant les rassemblements, dimanche, le garde des Sceaux Éric Dupond-Moretti avait annoncé la présentation “fin mai” en Conseil des ministres d’un projet de loi visant à “combler” un “vide juridique”, après que la Cour de cassation a confirmé l’irresponsabilité pénale du meurtrier de Sarah Halimi, sexagénaire juive tuée en 2017 à Paris. Cette annonce fait suite à une demande du président Emmanuel Macron.

Avec la future nouvelle loi, “si justice n’a pas été rendue pour Sarah Halimi, elle sera rendue grâce à Sarah Halimi”, a lancé au micro Jonathan Behar, l’un des organisateurs du rassemblement.

Cette mobilisation fait suite à la confirmation, le 14 avril, par la Cour de cassation, de l’irresponsabilité pénale du meurtrier de la sexagénaire juive tuée en 2017 à Paris, hospitalisé en psychiatrie depuis ce crime. La plus haute juridiction de l’ordre judiciaire a entériné le caractère antisémite du crime, mais confirmé l’impossibilité de juger le meurtrier, compte tenu de l’abolition de son discernement lors des faits.

Selon les sept experts psychiatriques qui l’ont examiné, Kobili Traoré, gros consommateur de cannabis, était en proie à une “bouffée délirante” lorsqu’il a tué sa voisine de 65 ans, Lucie Attal, aussi appelée Sarah Halimi.

La cour d’appel de Paris avait conclu à l’existence d’un trouble psychique ayant aboli son discernement ou le contrôle de ses actes au moment des faits, ce que la Cour de cassation a jugé conforme au droit.

Vive émotion

L’impossibilité d’un procès a suscité une très forte incompréhension au sein d’une partie de la communauté juive française, ciblée par plusieurs attaques meurtrières ces dernières années.

“Les hauts magistrats ont manqué de courage en renvoyant la balle au législateur”, a estimé dans le Journal du dimanche Francis Kalifat.

Le président du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) a souhaité que la future loi porte le nom de Sarah Halimi: “C’est une forme d’hommage qui lui serait rendu, faute de lui avoir rendu justice”.

Entre 1500 et 2000 personnes, selon la préfecture de police, ont défilé dimanche à Marseille vers le Palais de Justice où avait été accroché une banderole “Justice pour Sarah”. En tête de cortège étaient présents les élus Les Républicains Martine Vassal, qui dirige le Département et Renaud Muselier, président de la Région.

À Strasbourg, environ 600 manifestants, selon la préfecture, se sont rassemblés sur le parvis de la grande Synagogue de la Paix. “Je vous appelle à rester digne face à ce qui ressemble à un déni de justice”, leur a déclaré Maurice Dahan, président du Consistoire israélite du Bas-Rhin.

C.M. avec AFP

Leave a Reply