A Brégançon, Macron et Merkel expriment leurs attentes communes face à la Russie – Le Monde

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Angela Merkel est accueillie par Emmanuel Macron au Fort de Brégançon (Var), le 20 août.

Le menu des discussions était déjà chargé. L’empoisonnement d’Alexeï Navalny et la situation en Biélorussie l’ont encore allongé. En recevant la chancelière allemande Angela Merkel jeudi 20 août au fort de Brégançon (Var), un an après avoir réservé le même privilège à son homologue russe Vladimir Poutine, le président de la République Emmanuel Macron avait un objectif : confirmer les convergences grandissantes entre les deux pays, au sein de l’Union européenne comme en politique étrangère. La confrontation avec la Turquie en Méditerranée orientale et le plan de relance européen, adopté en juillet, figuraient en tête des priorités.

Lors de leur intervention publique, peu avant le dîner des délégations, les deux dirigeants ont employé des termes similaires pour défendre la nécessité d’une Europe unie, au nom de sa souveraineté et de sa compétitivité. Ils ont affiché une entente spectaculaire, sans effusion verbale surjouée, de nature réellement politique. Ce fut le cas notamment au sujet du mouvement populaire en Biélorussie, confronté à l’intransigeance du régime, et du sort tragique d’Alexeï Navalny, l’opposant le plus populaire en Russie.

La convergence franco-allemande est d’autant plus significative que la tentative de dialogue stratégique, initiée par Emmanuel Macron à l’été 2019 avec Vladimir Poutine, avait provoqué des crispations à Berlin, en raison de l’absence de concertations initiales. Cette fois, les deux pays semblent avancer d’un seul pas.

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Angela Merkel et Emmanuel Macron donnent une conférence de presse après une réunion sur l’actualité européenne, à Fort de Bregancon (Var), le 20 août.

Prêts à porter assistance à Alexeï Navalny

Le matin même, l’hospitalisation en urgence de l’opposant russe, dans la ville de Omsk, avait mobilisé les équipes diplomatiques à Paris comme à Berlin. Les deux pays ont exprimé leur disponibilité pour accueillir Alexeï Navalny et sa famille sur leur sol. « Les nouvelles que nous avons à cette heure sont extrêmement inquiétantes, a souligné Emmanuel Macron. (…) Nous sommes évidemment prêts à apporter toute l’assistance nécessaire à Alexeï Navalny, à ses proches, sur le plan sanitaire, sur le plan de l’asile, de la protection. »

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Les premières démarches en ce sens ont été entreprises en début d’après-midi jeudi, par l’intermédiaire de l’ambassade de France à Moscou. De son côté, Leonid Volkov, principal conseiller de l’opposant, expliquait au Monde que plusieurs offres similaires avaient été adressées par des pays européens en quelques heures, dont l’Allemagne. L’entourage attendait l’avis des médecins sur place, à Omsk, dans l’hôpital où Alexeï Navalny avait été transporté en urgence. Plus tôt dans la journée, le porte-parole de Vladimir Poutine, Dmitri Peskov, avait déclaré que le Kremlin répondrait favorablement à une telle demande.

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