A Amiens, Macron retourne au « cœur de la bête » – Le Monde

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Deux ans et demi plus tard, le chef de l’Etat s’est de nouveau rendu, vendredi, sur le site amiénois de l’ex-Whirlpool, pour y rencontrer les anciens salariés

Par Publié aujourd’hui à 02h20, mis à jour à 08h50

Temps de Lecture 5 min.

Emmanuel Macron discute avec d’anciens salariés sur le site de l’ex-usine Whirlpool à Amiens, le 22 novembre.

C’était en avril 2017. C’était il y a un siècle. Entre les deux tours de l’élection présidentielle, Emmanuel Macron s’était rendu à l’usine Whirlpool d’Amiens, alors en grève.

Contre l’avis de son équipe de campagne et de ses officiers de sécurité, le candidat d’En marche ! avait décidé de rencontrer les salariés en colère sur le parking du site, pour ne pas laisser le terrain à la seule Marine Le Pen, qui l’y avait précédé de quelques heures. S’était ensuivie une séquence homérique, où l’ancien ministre de l’économie avait été chahuté avant de reprendre le fil, mégaphone à la main, et de finalement remporter son duel à distance avec la présidente du Rassemblement national.

« Je ne serai jamais en sécurité, parce que le pays est comme ça aujourd’hui », s’était alors énervé Emmanuel Macron auprès de son entourage – qui n’avait pas anticipé la manœuvre de Marine Le Pen –, au cours d’un échange révélé par le documentaire Emmanuel Macron, les coulisses d’une victoire, diffusé après le second tour de l’élection. « Il faut prendre le risque, il faut aller dans le cœur de la bête à chaque fois. Le cœur de la bête, il est là, il faut y aller. Parce que si vous écoutez les mecs de la sécurité, vous finissez comme François Hollande. Peut-être que vous êtes en sécurité, mais vous êtes mort. »

Deux ans et demi plus tard, Emmanuel Macron est retourné au « cœur de la bête ». En visite pour deux jours dans la Somme, le chef de l’Etat s’est de nouveau rendu, vendredi 22 novembre, sur le site amiénois de l’ex-Whirlpool, pour y rencontrer les anciens salariés.

Ceux-ci lui avaient promis la misère, après que le repreneur, adoubé à l’automne 2017 par l’Etat, eut fait faillite, laissant de nouveau quelque 150 employés sur le carreau. « On va lui demander des comptes ! », avaient-ils prévenu. Emmanuel Macron « est venu leur taper sur l’épaule et il n’y a eu aucun suivi derrière, on les a laissés foncer droit dans le mur », avait mis en garde François Ruffin, député (La France insoumise, LFI) de la Somme.

« Est-ce que cela a été un échec ? Oui »

Mais de confrontation, il y en eut finalement assez peu. Dans un hangar, Emmanuel Macron a échangé durant plus d’une heure et demie avec quelques dizaines de salariés, dont plusieurs syndiqués. D’abord pris à partie sur la déconfiture du projet de reprise porté par le groupe WN de l’industriel Nicolas Decayeux, mis en liquidation judiciaire en juin, le chef de l’Etat s’est défendu de tout angélisme.

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