Une fusée chinoise va tomber mais personne ne sait où et quand

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Lancée le 29 avril dernier par la CNSA depuis le site de Wenchang, les restes d’une Long March 5B vont retomber sur Terre dans les prochains jours. Mais pour le moment, les informations au sujet de cet étage central sont maigres, tant le calcul de sa trajectoire est compliqué. Il est aujourd’hui certain que la fusée ne tombera pas en France métropolitaine, l’inclinaison de son orbite par rapport à l’équateur étant incompatible avec une chute sur la France et le nord de l’Europe. Malgré tout de nombreux territoires habités restent sur la très vaste trajectoire de la fusée, aujourd’hui complètement hors de contrôle.

Selon Jonathan McDowell, un astrophysicien de l’université d’Harvard interrogé à ce sujet par le Guardian, le plus probable selon lui est encore que la fusée finisse sa course dans l’océan. Les eaux salées recouvrant 71 % de la planète.

Si la mission du 29 avril avait été une réussite historique pour la Chine, qui venait de poser la première pierre spatiale de sa station, Pékin s’est (encore) illustré par sa mauvaise récupération des étages de sa fusée.

trajectoire fusée long March 5

© Aerospace Corporation

Cette image (ci-dessus) montre les orbites déjà réalisées par les restes de la fusée et les trajectoires qu’ils pourraient suivre dans les prochains jours. Ainsi en bleu sont représentées les orbites déjà effectuées et en jaune les trajectoires probables d’orbite. Si ces informations peuvent donner une idée de la destination de la fusée, de nombreuses variables sont à prendre en compte dans ce genre de calcul, et les données peuvent évoluer très rapidement.

La Chine : coutumière du fait

Ce n’est pas la première fois que l’agence spatiale chinoise est réprimandée par les hautes instances internationales en ce qui concerne la « désorbitation » de ses fusées, et plus généralement de ce qu’elle essaye de faire revenir sur Terre. Lors du retour de son prototype de station spatiale, ce dernier ne s’était pas totalement consumé dans l’atmosphère et une partie avait fini sa course dans l’océan Pacifique, heureusement sans faire de dégâts, mais déjà à l’époque la CNSA, l’agence spatiale chinoise, avait complètement perdu le contrôle de son prototype de station lors de son retour.

Jonathan McDowell rappelle également que lors d’un tir précédent de Long March 5B des débris étaient retombés en Côte d’Ivoire, n’occasionnant que des dégâts matériels. Mais cette première alerte n’a pas fait changer les plans et protocoles de la CNSA qui semble toujours aussi peu impliquée dans la récupération de ses étages de fusées.

Aujourd’hui c’est l’étage central de la fusée qui fonce au-dessus de nous à 28 000 kilomètres par heure et qui devrait tomber dans les prochains jours. Longs de plusieurs mètres et lourds de 10 tonnes la majorité de l’étage devrait se carboniser en descendant dans l’atmosphère, mais un contact avec le sol est maintenant inévitable. Il s’agit vraisemblablement de la plus grande chute incontrôlée d’engin spatial de l’histoire. Il est possible de suivre en direct la trajectoire de la fusée qui devrait toucher la Terre le 10 mai, à un ou deux jours près.

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