Test de l’iPad Pro 2021 : un nouvel écran, de la 5G et une puce M1 mais toujours pas l’expérience Mac – CNET France

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Doté du nouveau processeur M1 et d’une connexion 5G, le nouvel iPad Pro vient-il de faire le saut vers le superordinateur portable que nous appelons de nos vœux ? Ou s’agit-il simplement d’une autre version, plus jolie, de l’iPad Pro 2020 ?

En termes de matériel, oui, il s’agit d’un bond en avant. L’iPad Pro dispose d’un nouveau processeur ainsi que d’un écran mini LED pour le modèle de 12,9 pouces qui nous a semblé aussi bon que l’OLED dans notre utilisation quotidienne. On aime aussi l’arrivée d’une connexion 5G et la nouvelle caméra frontale qui suit le sujet pendant les appels vidéo. Seulement voilà, cet iPad fonctionne toujours avec le même système d’exploitation, et en grande partie avec les mêmes applications, que tous les autres iPad.

Cela fait une semaine que nous utilisons le nouvel iPad Pro en 11 et 12,9 pouces. Pour faire gagner du temps à ceux qui s’interrogent sur l’opportunité de craquer, nous pouvons dire qu’à 899 euros pour le modèle de base (et environ 1500 euros si vous ajoutez des accessoires et de l’espace de stockage), on reste sur un équipement de luxe dont la plupart des gens n’ont probablement pas besoin par rapport à leur téléphone ou à leur ordinateur portable.

Cependant, si Apple finit par mettre à jour iPadOS pour ajouter de nouvelles fonctionnalités, du multitâche, la prise en charge de moniteurs externes, davantage d’applications professionnelles, et peut-être même une sorte de mode de compatibilité Mac en utilisant la puce M1, l’iPad Pro pourrait devenir une machine étonnante. En l’état actuel des choses, il s’agit toujours d’une tablette de luxe impressionnante qui ne demande qu’à muscler sa partie logicielle pour passer au niveau supérieur. 

iPad Pro M1 : sur le papier, aussi rapide que tous les Mac M1

La première chose que nous avons faite a été de passer l’iPad Pro M1 aux bancs d’essai. Notre exemplaire de test est une version haut de gamme avec 16 Go de RAM et 1 To de stockage tandis que les modèles d’entrée de gamme d’iPad Pro n’ont que 8 Go de RAM et 128 Go de stockage.

Les gains de performance en calcul monocœur ne sont pas si spectaculaires, mais dans les tests multicœurs, il fait un bond bien au-dessus de l’iPad Pro 2020, ou de l’iPhone 12 ou de toute autre tablette à laquelle on peut penser. Dans Geekbench 5 et 3DMark Wildlife Extreme, il est clair que le processeur de l’iPad Pro M1 (avec un CPU à huit cœurs et un GPU à huit cœurs) est fondamentalement le même que celui des autres Mac M1.

La navigation et le lancement d’applications sont rapides comme l’éclair. Mais il est difficile de dire jusqu’où va cette puissance. Sur un Mac, on peut ouvrir des tas d’onglets sur Safari et voir facilement comment le M1 fait tourner tout cela sans broncher.

 

Nous avons lancé quelques applications de numérisation 3D sur l’iPad Pro, en utilisant le lidar et les caméras pour créer des modèles 3D d’un porche et d’une aire de jeu dans un jardin puis en les restituant avec la réalité augmentée. Le traitement de très grands modèles avec un million de polygones prenait toujours environ une minute, mais l’iPad Pro ne semblait pas chauffer ou peiner autant que le modèle 2020. La réalité augmentée est l’un des axes stratégiques d’Apple pour l’avenir, et cet iPad Pro est désormais le dispositif le plus puissant de la marque pour porter cet usage.

Une journée d’autonomie

Apple promet une autonomie d’une journée et force est de constater qu’une fois de plus l’iPad Pro ne déçoit pas. L’autonomie polyvalente de ce modèle 2021 avoisine les 13h. Promesse tenue donc. Mais si l’endurance de l’iPad Pro 2021 est confortable, il faut faire preuve d’une belle patience pour profiter de nouveau de la capacité de sa batterie puisque son chargeur de 20W nécessitera 3h pour l’alimenter.

 

Le nouvel écran Liquid Retina XDR est génial

Seul l’iPad Pro de 12,9 pouces est doté de la toute nouvelle technologie d’affichage Liquid Retina XDR à base de mini LED. Les couleurs, la gamme dynamique et le contraste semblent beaucoup plus nets, les niveaux de noir sont proches de la perfection.

 

Comparé à celui de l’iPad Pro 11 pouces, qui est doté du même écran LCD Liquid Retina que les iPad Pro précédents, il est nettement meilleur.

Une webcam grand-angle quasiment parfaite

L’iPad Pro arbore une webcam grand-angle de 12 mégapixels avec laquelle on peut prendre des vidéos ou des photos en tenant la tablette à bout de bras, comme si on l’utilisait avec un trépied ou une perche à selfie. Elle est associée à la fonction Cadre centré qui effectue un zoom numérique et un panoramique pour suivre le visage de l’interlocuteur lorsqu’il se déplace durant un appel vidéo. Cela fonctionne déjà avec FaceTime et Zoom, et Apple promet une prise en charge par les principales applications de vidéoconférence. Nous avons testé quelques réunions Zoom avec la fonction Cadre centré et cela s’est avéré globalement probant.

Mais il y a un défaut : la webcam est toujours située sur le bord « supérieur », et semble positionnée pour les appels en mode portrait. Or, personnellement, nous utilisons notre iPad avec un étui-clavier, comme un ordinateur portable. Du coup, la position de la webcam n’est pas idéale car elle donne l’impression que l’on ne regarde pas l’écran.

 

La 5G

Il faut débourser 1 069 euros, sot 170 euros de plus, pour l’iPad Pro 11 pouces avec connectivité 5G, à quoi il faudra ajouter un forfait spécifique. Cela fait un peu cher pour une fonction que l’on n’utilisera qu’occasionnellement. Personnellement, nous utilisons la fonction point d’accès de notre smartphone lorsque nous ne disposons pas du Wi-Fi.

Autres observations

Les avantages de l’iPad Pro par rapport à l’iPad Air sont nombreux. Il dispose d’un écran 120 Hz plus fluide, d’un processeur M1 plus rapide, d’une caméra frontale à zoom numérique, de Face ID, d’un lidar et de plusieurs capteurs photo arrière, de meilleurs haut-parleurs et microphones, de la 5G en option et d’une connectique Thunderbolt plus rapide. Il offre également des options de stockage plus généreuses. Et il y a aussi ce formidable écran Mini LED sur la version 12,9 pouces.

Le Thunderbolt est un bonus théorique qui permet d’ajouter des périphériques plus rapides pour le stockage ou les écrans, en plus de la prise en charge de l’USB-C déjà présente sur les iPad Pro (et les Air). Nous n’avions pas de moniteur sophistiqué, ni de grandes stations d’accueil Thunderbolt pour essayer. Et nous avons constaté que les accessoires USB-C, bien qu’utiles, sont limités par la flexibilité avec laquelle iPadOS les utilise par rapport à un Mac.

 

La prise en charge des écrans en est un bon exemple. L’iPad Pro ne peut utiliser un moniteur externe que pour les applications qui choisissent de le prendre en charge, ce qui se limite actuellement à certains jeux, à des outils d’édition vidéo… et c’est tout. On ne peut pas étendre son iPad sur un deuxième écran, ni utiliser plusieurs applications sur différents écrans. C’est pourtant le type d’usage auquel on pourrait s’attendre. La conférence développeurs d’Apple (WWDC), qui aura lieu d’ici quelques semaines, devrait nous en apprendre davantage sur la prochaine mise à jour d’iPadOS. On peut s’attendre à un certain nombre d’évolutions grâce à l’apport du processeur M1, mais il est difficile de prédire quoi que ce soit pour l’instant.

 

Le seul inconvénient du modèle 12,9 pouces est qu’il pourrait nécessiter des accessoires spécifiques du fait de sa taille légèrement plus épaisse. Nous avons pu l’utiliser avec un Magic Keyboard de l’année dernière, même si Apple prévient qu’il pourrait s’y trouver un peu à l’étroit. Mais il n’est pas rentré dans la station StudioDock de Kensington. En revanche, l’iPad Pro 11 pouces s’adapte très bien aux étuis et stations existants.

 

Un point sur la concurrence

Le marché de la tablette évolue peu et nous retrouvons toujours les mêmes têtes d’affiche sur ce segment de prix aux côtés d’Apple, à savoir Samsung et Huawei. Sont donc opposés à l’iPad Pro 2021 les fleurons des deux marques citées : la Galaxy Tab S7+ et la MatePad Pro 2021.

Conclusion

On apprécie le fait de pouvoir taper au clavier sur l’iPad de n’importe où, et le nouvel écran est plus efficace en extérieur. Mais cela n’en fait pas pour autant un parfait substitut à un ordinateur portable. Certes, la prise en charge de la souris, du trackpad et du clavier sur les iPad, ainsi que l’excellent (mais coûteux) Magic Keyboard, offrent des solutions pour que l’iPad commence à ressembler à un Mac futuriste. Mais les atouts de la tablette en termes de rapidité et sa large gamme d’applications restent bridés par un système d’exploitation encore trop rigide. On ne peut pas faire du multitâche avec la même souplesse que sur un Mac. Par exemple, on ne peut pas être dans une réunion Zoom et utiliser deux autres applications pour des notes et Slack. On attend beaucoup de la prochain vague d’applications optimisées pour le processeur M1 qui tireront le meilleur parti de la puissance du nouvel iPad Pro. On espère surtout qu’il sera possible d’ouvrir beaucoup plus d’applications et d’onglets à la fois si les futures versions d’iPadOS le permettent.

Avec la configuration 16 Go RAM/1To de notre exemplaire de test, la vitesse brute du processeur M1 semble équivalente à celle des MacBook Air, iMac et Mac Mini M1 actuellement disponibles. Nous avons rédigé ce test depuis cet iPad Pro 12,9 pouces et son Magic Keyboard. Tout comme pour l’iPad Pro précédent, on adore le clavier et l’expérience d’écriture. En revanche, on est nettement moins emballé sur la façon de gérer les autres applis pour préparer les fichiers et publier cet article. Un exemple concret : nos outils connectés à Okta, comme Outlook, se gèrent de manière très différente (et avec des autorisations différentes pour le travail inter-applications) sur les iPad par rapport aux Mac. Résultat, il nous a fallu repasser sur un ordinateur portable (un MacBook Air M1 en l’occurrence) pour finaliser.

Et c’est là le problème de l’iPad Pro : la version 2021 du matériel est superbe, perfectionnée (sauf pour l’emplacement de la webcam) et chère. Et l’on ne sait pas encore dans quelle direction Apple va l’emmener avec ses évolutions logicielles.

Article de CNET.com adapté par CNETFrance

Image : Scott Stein/CNET

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