Stopcovid : beaucoup de bruit pour 14 notifications

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Stopcovid : beaucoup de bruit pour 14 notifications

Après son lancement il y a trois semaines, StopCovid fait un premier point d’étape à l’occasion d’une conférence de presse aujourd’hui. Depuis son lancement, l’application a ainsi été téléchargée 1,9 million de fois selon le gouvernement, et activée 1,8 million de fois, confirmant les chiffres précédemment publiés par FranceInfo. Le gouvernement indique également avoir constaté 460 000 désinstallations. L’application a permis à 68 utilisateurs de se déclarer malades, et a permis de notifier 14 personnes ayant été en contact avec des personnes contagieuses.

Le chiffre est faible, et Cédric O l’admet : « c’est un chiffre qui nous a un peu étonnés. Nous devons nous pencher sur la façon dont les gens utilisent cette application en complétant le travail au travers d’enquêtes de terrain ». Il s’agit par exemple de « savoir comment les gens interagissent avec l’application » à travers des sondages auprès des utilisateurs. Un groupe de travail a été mis en place pour orchestrer ces études et celles-ci devraient commencer à travailler « dans les semaines à venir ».

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Bilan mitigé

« On a de plus en plus de personnes qui désinstallent. Le solde d’installation reste positif, mais on a effectivement un nombre de désinstallations en hausse », poursuit Cédric O. Pour le futur, le gouvernement entend faire une promotion ciblée de StopCovid à une échelle régionale en fonction de la localisation des nouveaux foyers d’épidémie. Un test a été mené en ce sens en Guyane, où la situation est jugée « préoccupante » : les opérateurs locaux ont été mis à contribution afin d’envoyer des SMS invitant les habitants à télécharger l’application.

 

Le ministre est également revenu sur la question des coûts supposés de l’application. « Je tiens à rappeler à ce sujet que jusqu’au 2 juin, date de lancement de l’application, le gouvernement n’a rien dépensé », précise Cédric O. Mais au lancement de l’application, un contrat-cadre a été passé afin de rétribuer les acteurs ayant participé au projet et qui continuent : Outscale Dassault qui se charge de l’hébergement, Capgemini pour le pilotage de projet et enfin la start-up Lunabee qui se charge du développement et du maintien. Au total, les coûts sont estimés à environ 180 000 euros par mois, divisés entre l’hébergement, la maintenance et le développement, le support utilisateur et les dépenses liées au déploiement. « C’est une estimation haute, mais on peut rappeler que l’équivalent allemand a coûté 20 millions d’euros et l’application de contact tracing britannique, 3,8 millions de livres », a rappelé Cédric O.

Autre sujet évoqué par le gouvernement, celui d’une interopérabilité de StopCovid avec les applications de contact tracing deployées par les autres états membres de l’UE. Margrethe Vestager, commissaire européenne à la concurrence, avait évoqué la semaine dernière « le cas un peu à part de la France » qui avait choisi de développer son propre protocole au lieu de s’aligner sur le reste des pays qui ont choisi d’utiliser les solutions fournies directement par Google et Apple. Cette question de l’interopérabilité pourrait être résolue dans les semaines à venir avec l’implementation d’un nouveau protocole de contact tracing pour StopCovid, connu sous le nom de DESIRE, et qui pourrait venir succéder à ROBERT. Son déploiement pourrait intervenir « dans le courant du mois de juillet » selon Bruno Sportisse, dirigeant de l’INRIA.

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