Richard Ferrand : « A chaque fait de violence contre un député, l’Assemblée nationale se portera partie civile » – Le Monde

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Richard Ferrand, le président de l’Assemblée nationale, à Paris, le 10 janvier 2022.

Le président (La République en marche) de l’Assemblée nationale, Richard Ferrand, qui recevait, mardi 11 janvier dans la soirée, le ministre de l’intérieur, Gérald Darmanin, et celui de la justice, Eric Dupond-Moretti, appelle à « une mobilisation collective » contre la recrudescence des menaces contre les députés.

Constatez-vous une hausse des menaces et des violences contre les députés ?

Si l’expression véhémente, voire la violence, envers les parlementaires est un phénomène assez ancien, il y a depuis près de trois ans une croissance des menaces et des actes violents. Avec un renforcement du phénomène depuis le début de la crise sanitaire. C’est incontestable. En 2020, 60 parlementaires et 505 maires ou adjoints ont été victimes de violences physiques. Sur les onze premiers mois de 2021, cela a concerné 162 parlementaires et 605 maires ou adjoints. Durant cette période, les violences contre les élus ont progressé de 47 % et les outrages de 30 %.

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La mise en œuvre du passe sanitaire a-t-elle décuplé ces actions ?

C’est indéniable. Depuis son instauration, en juillet 2021, 214 faits d’atteinte aux députés ont été recensés, dont 148 en direction des députés de La République en marche (LRM). Et, ces trois derniers mois, l’Assemblée nationale relève plus de 800 signalements pour menaces. Ils concernent 430 députés. Si ceux de la majorité sont principalement visés, on constate que des élus de tous les bancs en sont victimes, y compris de l’opposition. A ce rythme, à la fin du mandat, il n’y aura pas un député, sur les 577, qui n’aura pas reçu de menaces.

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Ces actions sont-elles devenues plus radicales ?

On constate une progression dans la gradation, avec des références explicites aux armes à feu ou aux armes blanches, avec des termes techniques, presque terroristes. Des députés reçoivent des messages, où il est écrit : « Je vais te décapiter », « Je vais te poignarder »… Des mots qui veulent inspirer le crime. Il y a là un mélange d’expressions d’intimidation, de pressions et de vengeances. On peut distinguer deux types de menaces : soit des expressions bilatérales, avec quelqu’un qui va écrire directement à son député ; soit des opérations de harcèlement collectif sur un sujet précis, avec des envois massifs de mails ou de courriers, sur un ton à chaque fois plus menaçant, qui peuvent aller jusqu’aux menaces de mort.

Quelles sont les propositions que vous avez formulées lors du point sur les violences contre les députés, que vous avez tenu, mardi soir, avec les ministres de l’intérieur, Gérald Darmanin, et de la justice, Eric Dupond-Moretti ?

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