Régionales 2021 : les résultats du premier tour bousculent les stratégies présidentielles de Macron et Le Pen – Le Monde

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Le président Emmanuel Macron vote dans un bureau de vote du Touquet-Paris-Plage (Hauts-de-France), le 20 juin 2021.

« Eh bé… » Même le bras droit d’Edouard Philippe, Gilles Boyer, d’habitude si prolixe sur les réseaux sociaux, en est resté sans voix dans ses commentaires lâchés sur Twitter à mesure que tombaient, dimanche 20 juin, les résultats du premier tour des élections régionales.

Une abstention record, des partis mourants qui ne meurent plus, d’autres en crise de croissance, des instituts de sondages sans boussole, et un jeu plus brouillé que jamais, à dix mois de l’élection présidentielle… Le premier ministre, Jean Castex, avait prédit que cette échéance allait participer de la « recomposition politique » du pays : il faudra attendre, tant les certitudes sont rares.

Les élections régionales et départementales en direct : suivez les résultats et les réactions sur LeMonde.fr

Les enquêtes d’opinion promettaient au Rassemblement national (RN) d’arriver en tête dans 6 des 13 régions métropolitaines ? Il n’y parvient que dans une seule, en Provence-Alpes-Côte d’Azur (PACA). Les candidats de la majorité s’imaginaient en « faiseurs de rois » ? Ils ne franchissent la barre des 10 % – seuil minimal pour se maintenir au second tour, le 27 juin –, que dans 8 régions. Et ce, sans réelle capacité à peser sur l’issue du scrutin.

Droite et gauche, pendant ce temps-là, maintiennent leurs positions. A part en PACA, l’ensemble des présidents de région sortants sont arrivés en tête, et certains se prennent à rêver de perturber le duel annoncé entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen, en 2022.

« Une démocratie sans électeur »

Patience, néanmoins. Pour l’instant, le principal élément perturbateur de la démocratie française reste l’abstention. « Abyssale », à en croire le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal. Avec seulement 33,9 % des électeurs qui se sont rendus aux urnes, la France a exploré, dimanche, des profondeurs inconnues depuis le référendum sur le quinquennat, en 2000 (30,2 %).

En chute de 16 points par rapport aux élections régionales de 2015, la participation est devenue le principal sujet de débat, dimanche soir, là où l’on imaginait les uns et les autres se déchirer sur la question du front républicain à adopter face à l’extrême droite.

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« Une démocratie sans électeur n’est pas une démocratie », a rappelé le chef de file de La France insoumise (LFI), Jean-Luc Mélenchon, pointant du doigt la « mauvaise organisation » par l’exécutif de la campagne électorale : « Tantôt les professions de foi qui n’arrivent pas, tantôt les bulletins pas présents dans les bureaux de vote. » « Indigne », a approuvé le président du parti Les Républicains (LR), Christian Jacob, selon qui le gouvernement « a une responsabilité énorme » dans cette situation.

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