Patrick Drahi rentre au capital de l’opérateur britannique BT

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Patrick Drahi rentre au capital de l'opérateur britannique BT

C’est bien connu : Patrick Drahi aime les surprises. Et autant dire que celle que le patron de la holding Altice (qui chapeaute SFR) vient de sortir de son chapeau vaut son pesant d’or. Le magnat des télécoms vient ainsi d’annoncer l’acquisition de 12,1 % du capital du principal opérateur britannique BT, en niant toutefois toute intention de faire une offre publique d’achat sur le groupe. De quoi en faire l’un des principaux actionnaires du plus gros opérateur outre-Manche, derrière Deutsche Telekom (12,06 %), mais devant des fonds d’investissements majeurs comme Blackrock.

L’opération crée de facto une nouvelle structure, baptisée Altice UK, détenue à 100 % par Patrick Drahi. Celle-ci recueillera les 1,2 million d’actions de BT glanées par l’homme d’affaires et sera « distincte des autres entreprises d’Altice, tout en bénéficiant de l’expertise et de l’expérience approfondies et étendues du groupe ». Dans un communiqué, l’opérateur britannique « prend note de l’annonce d’Altice concernant son investissement dans BT et de sa déclaration de soutien à notre gestion et à notre stratégie ».

Cette transaction permet à Patrick Drahi de mettre un pied sur le marché anglais, qui vient de s’engager dans une course au déploiement du très haut débit avec la promesse de garantir l’accès de tous au très haut débit d’ici 2025. Pour atteindre cet objectif, le gouvernement de Boris Johnson a récemment prévu d’allouer 5 milliards de livres sterling (soit 5,8 milliards d’euros) à l’équipement du pays. Une manne sur laquelle compte le patron de SFR, dont l’attrait pour la fibre et le câble ne s’est jamais démenti.

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Intérêt pour la fibre

« BT a une opportunité majeure pour améliorer et étendre son réseau de fibre optique au bénéfice de millions de foyers à travers le Royaume-Uni », a indiqué Patrick Drahi lors de la conclusion de cette opération. « Nous estimons que l’expansion du réseau très haut débit est l’un des objectifs politiques les plus importants du gouvernement britannique et un élément central de son plan d’action », a-t-il ajouté, confirmant de fait le poids du plan très haut débit, concocté par l’exécutif britannique dans cette prise de participation.

L’opération devrait se conclure dans un marché britannique en plein bouleversement, après la conclusion de la méga-fusion entre Virgin Media et O2, d’un montant de 31 milliards de livres (soit 35,7 milliards d’euros), qui devrait donner naissance à l’un des plus grands opérateurs du pays. Cet investissement au Royaume-Uni intervient également alors que Patrick Drahi, présent aussi aux Etats-Unis, réorganise ses actifs en Europe. Fin janvier, il a pris le contrôle quasi intégral d’Altice Europe, qui chapeaute ses actifs sur le Vieux Continent, et retiré le titre de la Bourse d’Amsterdam.

La holding réfléchit aussi à se séparer de Meo, son opérateur au Portugal qu’il avait racheté fin 2014 pour 7,4 milliards d’euros. Une manière pour le groupe de Patrick Drahi de gagner du leste alors que ce dernier est lesté par une dette de plus de 30 milliards d’euros, accumulée ces dernières années après une boulimie d’acquisitions.

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