Open RAN : Des opérateurs appellent Bruxelles à soutenir l’ouverture des réseaux mobiles

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Open RAN : Des opérateurs appellent Bruxelles à soutenir l'ouverture des réseaux mobiles

Mettre fin à la suprématie des géants des infrastructures mobiles Huawei, Nokia et Ericsson. Tel est l’objectif avoué de l’Open RAN, cet ensemble de spécifications techniques qui vise à rendre interopérables les dispositifs hardware et software de technologies mobiles commercialisés par les acteurs du secteurs. Alors que seuls quelques poids lourds internationaux, comme Rakuten et Samsung, soutiennent pour l’heure l’émergence de ces technologies dites “ouvertes”, celles-ci viennent de trouver de nouveaux alliés en Europe.

Dans une déclaration commune adressée ce mercredi aux autorités européennes, les opérateurs Orange, Deutsche Telekom, Telefonica et Vodafone ont appelé à une collaboration renforcée sur le sujet afin de rendre « la solution Open RAN très rapidement compétitive par rapport aux solutions RAN traditionnelles ». « Pour saisir cette opportunité, les partenaires européens doivent unir leurs forces afin de favoriser la création d’un écosystème 4G/5G varié, concurrentiel et sécurisé basé sur les solutions Open RAN », explique Claudia Nemat, directrice de la technologie chez Deutsche Telekom.

« Chez Orange, nous pensons qu’il s’agit d’une formidable opportunité pour les acteurs européens émergents et existants de développer des produits et des services basés sur l’Open RAN, en commençant par des produits destinés à être installés dans les bâtiments ou pour les zones rurales. Cette évolution devrait être soutenue par un important écosystème européen, car c’est une occasion rêvée de renforcer la compétitivité et le leadership européens sur le marché mondial », vante de son côté Michaël Trabbia, le directeur exécutif Technologie et Innovation d’Orange.

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Bruxelles arrive ?

L’opérateur historique est un promoteur de longue date de cette nouvelle architecture réseau. « Trois fournisseurs (Ericsson, Huawei, Nokia) dominent le marché des réseaux mobiles. Cette situation pèse sur le coût des équipements et sur les capacités d’innovation », expliquait sa direction dès 2019. Et de se féliciter qu’« en produisant des spécifications d’interfaces réellement ouvertes, l’alliance Open RAN entend permettre à n’importe quel fournisseur de proposer des solutions matérielles et logicielles fonctionnant avec ces architectures 5G standardisées ». De quoi permettre l’émergence d’un nouvel écosystème, estime l’opérateur.

Alors que les réseaux d’accès radio (RAN) “traditionnels” s’appuient en effet sur des technologies propriétaires sous la main d’acteurs comme Huawei, Ericsson ou Nokia, les solutions Open RAN, basées sur de nouvelles architectures virtualisées, sont de leur côté dites “ouvertes”, car interopérables. De quoi donner aux opérateurs la possibilité de reprendre la main sur la gestion de leurs réseaux, dans le but par exemple « d’ajouter de la capacité ou de la modifier bien plus rapidement pour les utilisateurs finaux, résoudre des incidents réseau automatiquement ou fournir des services entreprise à la demande pour l’industrie 4.0 ».

Une démarche loin d’être innocente pour les opérateurs, qui peuvent souvent se trouver dépendants – voire prisonniers dans certains cas – de leurs choix d’équipementiers, comme l’illustre le cas des partenaires de Huawei (dont Bouygues Telecom et SFR en France) qui se trouvent obligés de démanteler entièrement leurs réseaux après la disgrâce du géant chinois pour pouvoir se tourner vers d’autres partenaires comme Nokia ou Ericsson.

Reste que la solution de l’Open RAN ne fait pas encore office de concurrent de poids face aux grands équipementiers. Avec cet appel commun, Orange, Deutsche Telekom, Telefonica et Vodafone souhaitent donc se faire entendre auprès de Bruxelles pour que l’Union européenne entre dans la danse et finance « les premiers déploiements de la recherche et du développement et des laboratoires de test ouverts ». A l’heure actuelle, seul le géant Rakuten a commencé à déployer une architecture ouverte sur son réseau mobile japonais. Pas de quoi effrayer les grands équipementiers… enfin, pour le moment.

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