Mali : A peine libérée, l’ex-otage Sophie Pétronin veut retourner à Gao « voir ce qui se passe » – 20 Minutes

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Devant les médias Sophie Pétronin à peine libéré a évoqué ses envies de repartir pour le Mali — STRINGER / AFP

A peine libérée, Sophie Pétronin parle déjà de repartir. L’humanitaire française libérée jeudi avec trois autres otages maliens et italiens a tout de suite fait part de son intention de retourner à Gao au Mali. Ce lieu même où elle a été enlevée il y a quatre ans par un groupe de djihadistes en lien avec 
Al-Qaida.

« Je vais aller en France, en Suisse et après je vais revenir voir un peu ce qui se passe ici », a-t-elle déclaré aux journalistes à l’ambassade de France à Bamako. L’ex-otage de 75 ans souhaite s’assurer que l’organisation d’aide aux enfants qu’elle dirigeait avant d’être enlevée continue à fonctionner convenablement. « J’ai pris l’engagement pour les enfants, ça fait presque quatre ans que je n’ai pas vu comment se déroulent les programmes », a-t-elle dit en invoquant les actions de son organisation contre la malnutrition et en faveur des enfants orphelins.

« Tu n’iras pas où tu veux »

Elle s’est dite heureuse d’avoir appris que son assistant avait pu prendre la relève en son absence. « Il faut quand même que j’aille jeter un œil et les saluer parce que j’ai pris cet engagement. Si vous prenez un engagement, allez au bout de votre engagement, sinon vous aurez perdu votre raison d’être sur cette terre », a-t-elle ajouté.

Son fils Sébastien Chadaud, que l’on a vu sauter dans ses bras à sa sortie de l’avion a quelque peu refréné ses ardeurs. Présent à ses côtés, il a affirmé que ses déplacements se feraient désormais « en toute sécurité ». « Attends-toi à ce que je cadre certaines choses, tu n’iras pas où tu veux », a lancé celui qui s’est énormément investi pour la retrouver.

« J’ai bien mangé, j’ai bien bu »

Sophie Pétronin est également revenue sur ces conditions de détention et a esquissé une vision dédramatisée de sa captivité. Cela « se passait bien, l’air était sain, bon (…) Je me suis accrochée, j’ai tenu, j’ai beaucoup prié parce que j’avais beaucoup de temps, je me suis promenée, j’ai bien mangé, j’ai bien bu, de l’eau fraîche hein ! ». Si le temps lui a paru « un peu » long, elle dit avoir « transformé la détention, si on peut dire, en retraite spirituelle ». « J’étais dans l’acceptation de ce qui m’arrivait et j’ai pas résisté, et puis voilà je m’en suis sortie. »

« Au fond de moi, j’ai toujours été sûre et certaine que je retournerai (chez moi), que je ne mourrai pas », a-t-elle déclaré au micro de France 24. « Je me suis dit “surtout n’accorde pas d’importance à la mort parce que tu ne sais pas où, quand et comment elle arrivera. Tiens bon, accroche-toi”… C’est ce que j’ai fait. »

« Dans la famille, nous sommes tous des battants »

Elle a indiqué qu’elle pouvait écouter la radio et que ses gardiens, sur lesquels elle n’a pas fourni de précisions, lui faisaient passer des messages ou des vidéos, comme l’une dans laquelle son fils lui disait : « Tiens bon. » Sophie Pétronin lui a rendu hommage : « Mon fils est un battant, mais dans la famille, nous sommes tous des battants. »

L’ex-otage s’est gardée de parler de ses gardiens comme de « djihadistes ». « Appelez-les comme vous voulez, moi je dirais que ce sont des groupes d’opposition armés au régime », a-t-elle indiqué. Elle a invoqué des accords passés qui n’auraient pas été tenus et qui provoqueraient les hostilités actuelles. Gouvernement et groupes armés « trouveront le chemin pour la paix, je leur souhaite en tout cas vivement », a-t-elle déclaré.

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