#JeTravailleChezMoi : « Ce qui nous a aidé, c’est notre culture télétravail et la taille de notre entreprise »

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#JeTravailleChezMoi : « Ce qui nous a aidé, c'est notre culture télétravail et la taille de notre entreprise »

Ils avaient déjà (presque) tout prévu, et voilà que les mesures de confinement mises en place depuis quelques jours ont accéléré l’expérimentation de “full remote” entamée par la start-up spécialisée dans le recrutement. Le déploiement généralisé du télétravail au sein des équipes s’est fait relativement rapidement et sans heurt, reconnaît Camille Fauran, directrice générale chez Welcome to the Jungle. « Ce qui nous a aidé, c’est notre culture télétravail et la taille de notre entreprise », explique-t-elle à ZDNet.

Avant la crise du coronavirus, 10 % des 150 collaborateurs de l’entreprise étaient installés en “full remote” sur toute la France, dont près de la moitié rien que dans l’équipe technique. Avant le confinement, le groupe fonctionnait également avec une organisation en télétravail partiel occasionnel, mis à la disposition des collaborateurs “en bonne intelligence”, à la seule condition qu’ils effectuent a minima la moitié de leur temps de travail au bureau.

Du fait de cette organisation déjà souple, la direction a su produire assez tôt une réflexion sur les nouvelles manières de travailler à distance et fournir aux employés le matériel nécessaire pour travailler depuis chez soi, à savoir un ordinateur portable et – quand la situation l’exige – un téléphone.

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Jusque-là, tout va bien

Pour l’heure, aucun problème lié au réseau n’est remonté aux oreilles de Camille Fauran. Depuis le début de la semaine de confinement, la direction a proposé à ses équipes un guide de bonnes pratiques pour travailler à la maison, et a mis en place un sondage hebdomadaire pour prendre le pouls.

Car « ce n’est pas du télétravail, c’est du confinement », souligne Camille Fauran. « Certains collaborateurs peuvent avoir des difficultés à gérer l’isolement et la solitude, en particulier quand ils vivent dans un 15 m2. « Certains télétravailleurs habitués au full remote avaient d’ailleurs averti la direction des risques psychologiques. Ces équipes, rompues à l’exercice du télétravail, donneront d’ailleurs, dès la semaine prochaine, des “sessions awareness pour sensibiliser au télétravail” », précise la directrice. L’entreprise a aussi désigné des personnes référentes, à qui les salariés sont libres de s’adresser en cas de coup dur.

A distance, la productivité reste un enjeu de taille pour les entreprises. La direction avait audité en amont l’ensemble des managers afin d’évaluer les « spécificités des métiers et des services ». Tous semblent n’avoir pas souffert de ces changements, à l’exception notamment des personnes en charge du montage vidéo pour qui il a fallu ouvrir un accès à distance au service de stockage, ou encore aux métiers administratifs, contraints d’emporter leurs documents papiers avec eux, détaille Camille Fauran.

Toutes ces problématiques se gèrent finalement « au cas par cas » assure-t-elle. En dépit de ce temps d’adaptation nécessaire, « la machine continue à tourner malgré tout », observe la directrice, pour qui ce travail est « plus difficile à mettre en place à plus grande échelle ». Aux difficultés d’organisation viennent parfois se superposer des contraintes d’ordre technique : « dans certains groupes, des équipes entières sont en poste fixe », note-t-elle.

Savoir communiquer au quotidien

Pour gérer la routine du quotidien, quelques outils de communication s’avèrent indispensables. La messagerie Slack est préférée aux e-mails car elle permet de « maintenir une communication instantanée » et de « partager l’information nécessaire ». L’outil de visioconférence Zoom s’avère aussi utile pour réaliser des calls et réunir l’ensemble des équipes toutes les deux semaines. « La conférence peut monter jusqu’à 120 participants », précise la directrice. Pour assurer la « fluidité des échanges », la direction a dû déployer, dans l’urgence, des comptes Premium Zoom pour ses salariés.

La communication asynchrone ne doit pas non plus être négligée et les télétravailleurs utilisent régulièrement l’outil Notion (Knowledge Base) pour gérer, en parallèle, la « documentation des process. Et éviter d’avoir à poser trop de questions aux collègues », ajoute Camille Fauran. Une section “remote guideline” y a notamment été ajoutée, afin de donner la possibilité aux télétravailleurs de bénéficier de retours d’expérience.

Quant aux équipes techniques, celles-ci ont mis en place l’outil Mumble (équivalent à Discord) pour imiter une salle de travail en ligne et reproduire un “collègue virtuel”.

Pour Camille Fauran, ces outils ont déjà fait leur preuve. « Je trouve que les réunions sont efficaces. J’ai beaucoup plus de facilité à parler à mes collègues. Je n’en souffre pas trop pour l’instant, mais cela ne fait que quelques jours… », confie-t-elle.

D’autres initiatives plus informelles ont aussi spontanément fait surface. Des points quotidiens de trente minutes sont organisés chaque matin, dans un espace Zoom dédié, précise notamment Camille Fauran.

Mais comment préparer “l’après” ? Cette question-là fait aussi partie des préoccupations du groupe. Pour Camille Fauran, c’est certain, « cela va obliger les gens à mieux se préparer à ce genre de situation ». La directrice générale de Welcome to the Jungle encourage d’ores et déjà ses coéquipiers à « documenter cette période. Si on enlève le stress économique, je trouve que cela apporte un souffle différent pour la boîte, qui questionne nos manières d’agir ».

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