EN DIRECT – l’Assemblée nationale débat de la politique migratoire de la France – Le Figaro

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Le ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian évoque la “singularité française” des demandes d’asiles en France, plus élevées que dans le reste de l’Union européenne. Toutefois, la France est “loin d’être la première destination des demandeurs d’asile” proportionnellement à sa population, ajoute-t-il, suscitant des exclamations de protestation dans l’Assemblée.

“Oui il y a des dérives communautaires dans notre pays”, assure le premier ministre Édouard Philippe, qui évoque aussi une forme de “sécession insidieuse” avant de donner la parole au ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian.
Le premier ministre propose un diagnostic de la situation. «Le système français d’asile est aujourd’hui saturé (…) En 2018, la France a enregistré le record de 123.000 demandes d’asile, soit une augmentation de 22% par rapport à l’année précédente, alors que dans le même temps le nombre de demandes baissait de 10% dans le reste de l’Europe», assure le chef du gouvernement.

Édouard Philippe propose ensuite d’écarter les «fausses solutions». Il critique ainsi la théorie de «l’immigration de remplacement», «un vocable d’une laideur certaine qui fait appel aux ressorts les plus détestables du complotisme». «Je ne vois pas bien en quoi, à l’échelle du pays, la fin du droit du sol serait une réponse», balaie aussi le premier ministre.

«Nous devons aujourd’hui assurer le triomphe de la conception républicaine ouverte de la Nation, celle qui assure des droits pour chacun et qui fait accepter des devoirs pour tous.» Le premier ministre débute son discours en citant un discours de Michel Rocard lors d’un précédent débat sur l’immigration à l’Assemblée nationale en 1990. 

Le premier ministre, Édouard Philippe, prend la parole dans l’Hémicycle. Le débat sur l’immigration commence.

Le débat sur l’immigration «n’est pas une diversion« mais la déclinaison d’«une politique antisociale», a dénoncé la députée insoumise de Paris Danièle Obono lors d’un point presse. «Nous voulons changer les termes du débat politique et public actuel, sortir de l’étau mortifère dans lequel tentent de l’enfermer Emmanuel Macron et Marine Le Pen», poursuit-elle, accusant le chef de l’État d’avoir abordé la question «par le petit bout de la lorgnette électoraliste».

Les députés LFI se sont donné pour mission de «dénoncer des contre-vérités» circulant, selon eux, sur la question migratoire en diffusant notamment un «contre-argumentaire». Le groupe LFI a également prévu de mener jusqu’à décembre des initiatives: projection-débat, conférences et réunions publiques sur la question. Alexis Corbière doit déposer, au nom de son groupe, une «proposition de résolution» réclamant une commission d’enquête parlementaire sur les conditions d’accueil des migrants à la préfecture de Bobigny.

Avant de prendre la parole à l’Assemblée nationale, Marine Le Pen a tenu une conférence de presse dans l’après-midi. La présidente du Rassemblement nationale a réitéré sa demande de moratoire sur l’immigration, qu’elle avait déjà formulé pendant la dernière campagne présidentielle. «Plus rien n’est maîtrisé. Les chiffres traduisent une situation alarmante. Arrêter l’immigration n’est pas seulement faisable mais vital…», justifie la députée.
Les associations d’aide aux migrants organisent en parallèle du débat des «états généraux des migrations», qui fédèrent des «centaines d’associations» qui défendent les droits des personnes exilées. Elles dénoncent «l’instrumentalisation politique» des questions migratoires «au détriment du respect des droits des personnes étrangères en France».

«Ce qui nous inquiète, c’est que tous les postulats sont erronés», a notamment affirmé Dominique Noguerès, vice-président de la Ligue des droits de l’homme (LDH). «C’est l’ensemble des thèmes avancés par le gouvernement qui nous inquiètent, car ils ouvrent des boulevards à des idées d’extrême droite. L’étranger, on va continuer de lui taper dessus.»

L’opposition dénonce quant à elle les visées «électoralistes» du président. À gauche, les préventions sont vives: le numéro un du PS Olivier Faure a alerté contre la tentation d’un «populisme d’État». «Il n’y a pas aujourd’hui en France et en Europe de submersion migratoire, mais bien une crise de l’accueil des migrants», juge Danièle Obono (LFI).

Pour sa part, la droite voit avec scepticisme les intentions présidentielles, disant attendre «des actes», sur «un sujet majeur qui pose un défi incroyable à notre société: est-ce que demain la France va toujours rester la France ?», selon les mots d’Éric Ciotti (LR).

Treize maires de grandes villes, dont Anne Hidalgo (PS/Paris), Martine Aubry (PS/Lille), François Baroin (LR/Troyes) ou Jean-Luc Moudenc (LR/Toulouse), ont profité de ce débat pour se rappeler au bon souvenir du gouvernement, lui demandant lundi dans une tribune de les aider urgemment à gérer des campements de migrants.

Au printemps 2018, l’examen de la loi asile et immigration avait pour la première fois du quinquennat mis à l’épreuve la majorité LREM-Modem. Quatorze «marcheurs» s’étaient abstenu en première lecture à l’Assemblée, et un vote contre. Aujourd’hui, plusieurs élus de la majorité souhaitent attendre les effets de la loi Collomb avant toute nouvelle décision. Pas d’«hystérisation», plaide une partie de l’aile gauche, qui rejette toute remise en cause notamment de l’Aide médicale d’Etat (AME, pour les étrangers en situation irrégulière). Parmi eux, Delphine Bagarry compare le discours d’Emmanuel Macron à celui «d’un responsable du Front national», ce qui lui vaut un rappel à l’ordre de son parti. L’opposition dénonce quant à elle les visées «électoralistes» du président.

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Depuis plusieurs mois, Emmanuel Macron tente de mettre en avant le thème de l’immigration, persuadé que la présidentielle de 2022 se jouera sur les sujets régaliens et qu’il se retrouvera à nouveau face à Marine Le Pen. À l’issue du grand débat national, et bien que le sujet y soit apparu en retrait, le chef de l’État avait annoncé fin avril un débat annuel au Parlement «sur la politique migratoire». «Nous n’avons pas le droit de ne pas regarder ce sujet (de l’immigration) en face», a-t-il réitéré le mois dernier. 

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En question notamment l’Aide médicale d’État (AME), actuellement examinée par une mission d’inspection. C’est la couverture santé des étrangers en situation irrégulière. Pour en bénéficier, les demandeurs doivent justifier de leur identité et d’une «résidence stable» en France depuis plus de trois mois. L’AME est également soumise à des conditions de ressources, qui doivent être inférieures à des plafonds. L’aide est accordée pour un an, son renouvellement doit faire l’objet d’une nouvelle requête.

Si Emmanuel Macron a rejeté l’idée d’une suppression, il souhaite une évaluation du panier de soins pour lutter contre certains «excès». Les bénéficiaires sont pris en charge à 100%, sans avance de frais, pour les principaux soins: médecins, dentistes, chirurgie, vaccination, contraception… Ce «panier» n’inclut toutefois pas les cures thermales, l’aide médicale à la procréation ou encore les médicaments remboursés à 15%. En cas d’urgence vitale, de maladie contagieuse ou de grossesse, les étrangers en situation irrégulière peuvent être soignés gratuitement à l’hôpital même s’ils ne sont pas admis à l’AME. 

L’ensemble du dispositif est financé par le budget de l’État, qui prévoit une dépense de 934,4 millions d’euros en 2020, comme en 2019. Le nombre de personnes concernées a doublé en 15 ans et dépassait 318.000 fin 2018.

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Afin d’étayer la discussion, l’exécutif a prévu de s’appuyer sur une synthèse transmise vendredi à la majorité. Celle-ci recense «10 faits» sur la politique migratoire de la France et «10 actions» menées par le gouvernement. Le débat portera notamment sur la «forte augmentation» (+22%) de la demande d’asile, portée à 123.625 personnes en 2018, souligne Matignon.

Le gouvernement a aussi indiqué la semaine dernière qu’il présentera à cette occasion six axes de travail, dont une réflexion sur les prestations sociales accordées aux demandeurs d’asile, mais aussi l’ouverture d’«un chantier sur l’attraction des talents» avec la volonté de «remettre à plat certaines dispositions» permettant de répondre à la demande des filières en tension.

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Le coup d’envoi du débat sera donné à 16 heures par le premier ministre, Édouard Philippe, suivi par les ministres Jean-Yves le Drian (Affaires étrangères), Christophe Castaner (Intérieur) et Agnès Buzyn (Santé). Les orateurs des différentes groupes politiques, Marine Le Pen (RN) et Jean-Luc Mélénchon (LFI), prendront ensuite la parole pendant plus de deux heures et demie, avant les réponses des ministres. La dirigeante d’extrême droite doit par ailleurs tenir une conférence de presse à l’Assemblée nationale à 14h30.

Avant de comencer, voici quelques-uns des articles que la rédaction a consacrés ce matin à cette actualité :

» Les députés vont débattre sur l’immigration ce lundi à l’Assemblée

» CHRONIQUE – Jacques Julliard: «Immigration, sur deux fronts»

» DE VOUS À MOI – L’immigration est-elle maîtrisée en France ?

» DÉCRYPTAGE – Immigration économique: existe-t-il vraiment des pays «fermés» aux étrangers ?

» VOTRE AVIS – Faut-il instaurer des quotas pour l’accueil des immigrés en France ?

À la demande du président Emmanuel Macron, l’Assemblée nationale va se pencher ce lundi 7 octobre sur le thème hautement sensible de l’immigration qui divise jusque dans les rangs de la majorité. La date avait été reportée d’une semaine en raison de l’hommage national rendu à Jacques Chirac. Le Figaro vous propose de suivre ici le débat sans vote qui se poursuivra mercredi au Sénat.

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