Covid-19 : pourquoi Emmanuel Macron va reprendre la parole – Le Parisien

Spread the love

La consigne a été passée aux cabinets ministériels vendredi dernier. Prière de se faire discrets dans les matinales de ce début de semaine. Ce temps serait celui du couple exécutif. Jean Castex, tout d’abord, lundi matin sur France Info. Puis Emmanuel Macron sur TF1 et France 2, mercredi soir, soit une petite soixantaine d’heures plus tard. Certes, il n’y a là « rien d’incompatible », argue l’entourage du chef de l’Etat, tandis que Matignon évoque « un concours de circonstances ». Il n’empêche. Que le président de la République s’exprime trois jours d’intervalles seulement après son Premier ministre n’a rien de commun.

Un pas de deux comme une offensive, alors que les dossiers chauds s’accumulent sur les plans sanitaire, économique et sécuritaire — « C’est multifront » souffle un conseiller ministériel. Mais au risque de faire doublon, voire d’alimenter le sentiment que « personne n’écoute Castex » comme le juge un ancien communicant du gouvernement. « Si Macron parle, il redescend dans l’arène. Or il a pris Castex justement pour faire tourner la boutique », observe un conseiller ministériel.

«On monte d’un cran, on monte en solennité»

Ce lundi, l’interview du Premier ministre, programmée à l’occasion de ses cent jours à Matignon, n’a donné lieu à aucune annonce. Si ce n’est l’arrivée le 22 octobre d’une nouvelle mouture de l’application StopCovid — rebaptisée « Télécovid » en un lapsus. « Qu’est-ce qu’on en retient? » s’interroge un député LREM. Un durcissement du ton face à une « deuxième vague forte » de l’épidémie de coronavirus (le Premier ministre, dixit), qui donne corps à ce que Matignon appelle « la riposte graduée ».

VIDÉO. Deuxième vague : « Le reconfinement généralisé doit être évité », alerte Castex

« Il ne peut plus y avoir de relâchement », a ainsi averti Jean Castex, pour qui « les Français ont considéré un peu trop vite, malgré les discours que nous tenions, que ce virus avait disparu ». Le Premier ministre n’entend pas en rester là, se réservant la possibilité de déplacements ou de nouvelles prises de parole sur ce thème. Il tiendra, en outre, ce mardi soir à Matignon, une réunion de travail axée sur la situation sanitaire et élargie aux ministres concernés mais ne participant pas au Conseil de défense. Réunion dont il entend désormais faire un rendez-vous hebdomadaire. Voilà pour l’ambiance à la veille des vacances de la Toussaint…

« On monte d’un cran, on monte en solennité, avance un conseiller de l’exécutif. Le Premier ministre prépare le terrain, prépare les esprits, à un tour de vis du président. » Et à de nouvelles mesures coercitives ? La question était en discussion au sommet de l’Etat, mais rien n’était encore tranché ce lundi. Un nouveau Conseil de défense doit se tenir ce mardi matin.

«Il y a un moment de gravité»

De nature à nourrir le suspense et redoubler les attentes, avant l’interview du chef de l’Etat qui « portera notamment sur la situation sanitaire et économique du pays » selon TF1 et France 2. Pourquoi parler maintenant ? « Il y a un moment de gravité avec une épidémie très forte, multiterritoriale, qui ne cesse d’avoir des conséquences. Il y a besoin de donner une trajectoire, d’expliquer ce que veut dire vivre avec le virus, d’expliquer que ça va durer longtemps », explique-t-on à l’Elysée, en promettant « des annonces et un cap ».

Un proche résume : « Le président reprend la parole à un moment où on a un peu le tournis. Il donnera une perspective, parlera de la résilience du peuple français. » De quoi satisfaire ce parlementaire LREM, qui attend « une stratégie claire » jugeant qu’« au fond, ce qui a pesé sur le moral des Français, c’est une succession d’injonctions contradictoires ».

Nécessité de parler, donc. Mais aussi de se faire entendre. François Bayrou, Haut-Commissaire au Plan, le relevait récemment, en petit comité : « Le président a probablement constaté que les expressions publiques n’avaient pas atteint, jusqu’à maintenant, l’opinion publique en profondeur. Or la gravité de la situation est croissante. »

Leave a Reply