Covid-19 en Charente : la préfecture précise les règles – Sud Ouest

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« Le constat est celui d’une évolution très rapide de l’épidémie. La bascule s’est faite ces quinze derniers jours… » Le constat d’Atika Rida-Chafi est sans appel. Interrogée samedi par nos confrères de « Charente Libre », la directrice de l’Agence régionale de santé (ARS) en Charente reconnaît qu’il existe des signaux inquiétants. Plus que jamais, il convient de se protéger du coronavirus. 

« Vulnérabilité modérée »

En fin de semaine dernière, les autorités sanitaires ont donc relevé le seuil de vigilance en Charente. Le département a quitté la zone verte. La vulnérabilité n’est plus qualifiée de « limitée » mais de « modérée ». Le taux de positivé se situait jeudi dernier à 2,9 %. Il était de 2,4 % une semaine avant et de 1,2 % quinze jours auparavant. Le taux dit d’incidence en Charente monte aussi, passant de 23 à 31 en une semaine. Il correspond au nombre de personnes infectées en une semaine au sein d’une population de 100 000 habitants.

Quelles conséquences ? 

Vendredi, la préfecture a jugé bon de repréciser les règles dans la lutte contre la Covid-19. Elle a rappelé privilégier « une approche territorialisée en concertation avec les élus du territoire » et « des mesures ciblées et adaptées à l’évolution du virus dans chaque foyer épidémique ».

Dans un communiqué, les services de l’État précisent que « l’arrêté préfectoral du 26 août 2020 rend le port du masque obligatoire, pour les personnes de 11 ans et plus, sur les marchés de plein air, les brocantes, les vide-greniers et bric-à-brac, ainsi que dans les rassemblements festifs de plein air à caractère musical comme les concerts ». 

Quelles manifestations ?

Le principe est strict : « Toute manifestation – qu’elle soit sportive, culturelle, associative ou commerciale – rassemblant plus de 10 personnes » doit être déclarée en préfecture. Bien sûr, il existe des exceptions. Les rassemblements à caractère professionnel, par exemple, tout comme ceux organisés « dans des établissements recevant du public ». Les grands événements de plus de 5 000 personnes sont théoriquement interdits mais peuvent être soumis à l’appréciation « au cas par cas » de la préfète. Bref, c’est compliqué : un vade-mecum à l’attention des élus locaux vient d’être mis en ligne sur le site Internet de la préfecture.
 

Quels protocoles particuliers ?

L’État fait ici référence aux mesures prises dans les secteurs économiques comme l’hôtellerie et la restauration, dit protocole HCR. La préfecture évoque le cas sensible des buvettes des manifestations, où la règle veut que la consommation au comptoir soit interdite, que l’on se rafraîchisse assis, par groupe de 10 maximum. 

Et les piscines ?

« Chaque exploitant a mis en place des protocoles sanitaires adaptés, de leur responsabilité » qui peuvent donc différer d’un établissement à l’autre. À l’X’Eau à Châteaubernard, par exemple, pas de douche à la sortie des bassins, « pour limiter les regroupements ».

Les salles de spectacle s’organisent

LA NEF À ANGOULÊME 160 personnes assises, c’est le maximum public que La Nef peut désormais recevoir ; pour mémoire, la capacité de la salle angoumoisine est de 700 spectateurs (debout). « Alors, il a fallu réadapter notre projet culturel », explique Baptiste Desvilles, directeur adjoint et programmateur. Des concerts annulés, d’autres reportés à l’année prochaine. Et pour ceux qui ont été maintenus le choix a été double, « les têtes d’affiche ont été déplacées dans d’autres lieux ». 

C’est le cas, notamment, du concert de Pomme du 30 octobre qui aura lieu au théâtre d’Angoulême. Pour sa propre salle, La Nef s’est donc concentrée sur la programmation des artistes « découvertes » et les concerts des groupes en sortie de résidence, « mais tout cela n’a pas été simple, on n’a pas chômé et sur la programmation, on navigue encore à vue », poursuit Baptiste Desvignes. 

LES ABATTOIRS À COGNAC La situation est similaire. Du fait de l’obligation des concerts assis, « nous avons mis en place deux formules selon les concerts. Pour les découvertes et sorties de résidences, ce sera une formule « cabaret » avec des tables pour 60 personnes. Et les autres, ce sera en formule « conférence », entre 100 et 120 personnes, résume Perrine Rumeau, responsable de la communication. Le fait saillant est l’annulation du concert du rappeur Hatik et le report de ceux de Panda Dub et des Wampas à 2021. 

ESPACE CARAT À I’ISLE-D’ESPAGNAC Depuis le show du comique Artus, présenté le 7 mars à l’Espace Carat, plus rien. Le confinement a sonné le glas des spectacles au Parc des expos de Grand-Angoulême. Dernier spectacle annulé, vendredi, celui de Laurent Gerra prévu le 26 novembre. Il est reporté au 20 novembre 2021. Il ne reste plus que celui d’Alain Souchon, prévu le 8 décembre.

Il y a fort à parier qu’il connaisse le même sort. Il n’y a pas de producteur qui se risque à faire tourner remorque et équipes de techniciens avec des jauges aussi limitées (1 000 dans certaines villes comme Bordeaux). Déjà un déficit de 170 000 euros en perspective pour l’équipement structurant qui n’accueille presque plus que des conseils communautaires, et bientôt le Salon de l’habitat.

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