Brexit : Londres et Bruxelles se donnent une toute dernière chance – Les Échos

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Publié le 10 déc. 2020 à 5:54Mis à jour le 10 déc. 2020 à 14:52

Trois heures d’entretien pour, une fois de plus, constater l’ampleur de leurs divergences . La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, et le Premier ministre britannique, Boris Johnson, ont eu beau se donner les moyens d’une rencontre en face-à-face, mercredi soir à Bruxelles, ils ne sont pas parvenus à débloquer les négociations du Brexit. Et ils ont mandaté leurs équipes de négociation pour un ultime effort, en vue d’une décision dimanche.

Au menu de ce dîner bruxellois auquel Boris Johnson est arrivé vers 20 heures, et réunissant une dizaine de convives, dont le négociateur en chef des Européens Michel Barnier et son homologue britannique David Frost : coquilles St Jacques et velouté de potiron, turbot vapeur purée de wasabi et petits légumes, Pavlova aux fruits exotiques, moka et mignardises. Mais le vrai plat de résistance restait les trois sujets où les différends sont encore à aplanir : la pêche, les conditions d’une concurrence équitable, et la gouvernance du futur accord, autrement dit les mécanismes de résolution des éventuels conflits.

« Discussion franche »

Dans un communiqué, le gouvernement britannique a évoqué une « discussion franche » et relevé les « différences très profondes » qui demeurent entre les deux camps. « Il n’est pas encore clair si celles-ci peuvent être résolues », explique le communiqué, qui donne rendez-vous à la fin du week-end, date à laquelle « une décision devrait être prise concernant l’avenir des pourparlers ».

Ursula von der Leyen, de son côté, a préféré évoquer un échange « vivant et intéressant ». Mais elle a fait le même constat : les positions des deux équipes de négociateurs « restent très éloignées ». Les équipes vont devoir « se réunir immédiatement pour essayer de résoudre ces questions essentielles ».

La « grande question » de la concurrence

Un éventuel accord « doit préserver l’intégrité du marché intérieur » de l’UE, avait averti, dans la journée de mercredi, Angela Merkel, en soulignant que « la grande question » restait la concurrence. « Il y a encore une chance de parvenir à un accord, avait-elle ajouté. Je ne sais pas si nous réussirons d’ici à jeudi, je ne peux pas le promettre, mais nous continuons à y travailler. »

Côté britannique, Boris Johnson avait, quant à lui, estimé qu’un « bon accord » était « encore possible », malgré les exigences de Bruxelles qu’« aucun Premier ministre ne devrait accepter ». C’était quelques heures avant de mettre en scène son départ pour Bruxelles, en se faisant photographier sur l’échelle du jet qui devait le conduire en Belgique. Puis de soigner son arrivée au Berlaymont, le siège de la Commission européenne. Juste le temps de se prêter à une rapide séance photo avec Ursula von der Leyen, avec et sans masque, puis de se lancer et de se répondre un « allons-y », en français dans le texte.

Alexandre Counis et Gabriel Grésillon (Correspondants à Londres et à Bruxelles)

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