A Roubaix, Emmanuel Macron en opération séduction auprès des forces de l’ordre – Le Monde

Spread the love
Le président de la République, Emmanuel Macron, lors d’un discours à l’académie de police de Roubaix (Nord), le 14 septembre 2021.

Plusieurs fois, son poing a tapé sur le pupitre. Si ce n’était de colère, c’était d’impatience. A un peu plus de six mois de l’élection présidentielle, il reste, de fait, peu de temps à Emmanuel Macron pour contrer les attaques de ses adversaires sur son bilan sécuritaire. Quelques mois à peine pour convaincre les Français, aussi, qu’il n’est ni trop laxiste ni trop autoritaire en la matière, les maux dont l’accablent les oppositions de droite et de gauche.

Mardi 14 septembre à Roubaix (Nord), pour clore les tables rondes organisées dans le cadre du « Beauvau de la sécurité », le chef de l’Etat a ainsi déployé un arsenal de mesures « substantielles » afin d’améliorer et de transformer le travail des forces de l’ordre. Une « remise à plat », censée « bousculer les tabous et les habitudes », a-t-il prévenu devant un parterre de gendarmes, de policiers et d’élus, dont l’un de ses possibles adversaires en 2022, Xavier Bertrand, le président de la région Hauts-de-France.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi Comment Emmanuel Macron veut affaiblir la droite en vue de l’élection présidentielle de 2022

Pour lutter contre une violence qui n’est pas seulement « un sentiment » mais une réalité, Emmanuel Macron a promis de l’argent public. Encore et beaucoup. A la hausse de 1,7 milliard d’euros accordée depuis son arrivée à l’Elysée au budget du ministère de l’intérieur s’ajoutera 1,5 milliard d’euros supplémentaire pour le budget de 2022, dont 500 millions dédiés aux mesures du Beauvau de la sécurité.

Trop ? Trop peu ? Trop tard ? Avant même l’arrivée du chef de l’Etat à Roubaix, M. Bertrand n’a pas manqué de juger sévèrement l’action de M. Macron. « Quatre ans et demi après [son arrivée à l’Elysée]… Ce n’est pas sérieux. Il est passé à côté de la sécurité pendant tout son mandat », a-t-il dénigré, dénonçant un « discours de campagne ».

Réponse « globale »

Semblant s’adresser tout d’abord à ceux qui, comme l’élu de droite, ne manqueraient pas de critiquer un président en campagne officieuse faisant pleuvoir les milliards sur les zones d’ombre de son quinquennat, Emmanuel Macron a tenu, en préambule, à défendre son bilan : trente-six attentats déjoués depuis 2017, baisse d’un quart du nombre de cambriolages, 20 % de vols de véhicules en moins, des saisies records de cannabis, de cocaïne et d’héroïne ou encore 52 millions d’euros d’avoirs criminels saisis. « Les chiffres parlent d’eux-mêmes, ces résultats, ce sont les vôtres », a-t-il déclaré en s’adressant aux gendarmes et aux policiers.

Il vous reste 63.93% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

Leave a Reply