Pawel Adamowicz (à dr.) à Gdansk, peu avant son agression, le 13 janvier 2019. — Anna Rezulak/AP/SIPA

L’attaque s’est déroulée devant des centaines de personnes. Le maire du grand port polonais de Gdansk Pawel Adamowicz a été attaqué dimanche soir par un homme qui l’a frappé avec un couteau. Réanimé sur place avant d’être transporté en ambulance vers un hôpital, il est toujours vivant à l’issue d’une opération de cinq heures, mais pas encore hors de danger, ont indiqué les médecins.

« Le patient est vivant », a déclaré aux journalistes peu après deux heures du matin le chirurgien qui l’a opéré, en ajoutant que « son état est très, très grave » et que « les prochaines heures seront décisives ». Pawel Adamowicz, 53 ans, président (maire) de Gdansk depuis 1998, « a subi une grave blessure au cœur et d’autres blessures au diaphragme et aux organes dans la cavité abdominale », a-t-il précisé, avant de demander que l’on prie pour lui. Le blessé a été transfusé avec 41 unités de sang.

Un homme déjà condamné pour attaques à main armée

L’attaque a eu lieu peu avant 20h, sur un podium dressé à l’occasion de l’acte final d’une action caritative nationale destinée à recueillir des fonds pour une organisation finançant l’achat d’équipements pour des hôpitaux. L’agresseur a été rapidement interpellé par les gardes de sécurité, puis emmené par les forces de l’ordre. Il n’a pas opposé de résistance. Selon une porte-parole de la police de Gdansk, il s’agit d’un habitant de la ville âgé de 27 ans.

Les médias indiquent également que cet homme a purgé une peine de plus de cinq ans de prison pour quatre attaques à main armée contre des banques à Gdansk. Sa santé psychique se serait fortement dégradée lors de son séjour en prison, toujours selon les médias.

L’opinion publique très choquée

Un enregistrement vidéo de l’attaque, publié sur YouTube, montre l’homme faire irruption sur le podium. Après avoir attaqué le maire avec un grand couteau, il gesticule triomphalement en levant les bras et en agitant son arme, puis s’empare du micro pour affirmer avoir été jeté injustement en prison par le gouvernement centriste précédent de la Plateforme civique (PO), qui l’aurait « torturé ». « C’est pourquoi Adamowicz meurt », ajoute-t-il.

L’enquête ouverte par la police doit porter notamment sur un badge « médias » qui aurait permis à l’agresseur de pénétrer sur le podium. Elle devrait établir également si la sécurité de l’événement avait été organisée correctement par une société privée.

L’opinion publique en Pologne a été d’autant plus choquée que l’attaque s’est déroulée dans le contexte de la grande quête annuelle organisée depuis plusieurs années par « le Grand Orchestre de charité de Noël », une manifestation de solidarité nationale permettant d’apporter une aide financière conséquente aux hôpitaux.

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